Elle est bonne

« Elle est bonne », c’est la sentence qui tombe sur les réseaux sociaux quand une oratrice monte sur scène en conférence. Pas massivement, pas systématiquement, mais ça arrive, régulièrement, parce que comme beaucoup d’autres, notre milieu professionnel accepte qu’on sorte de telles beauferies sexistes en public l’air de rien.

Eh bien voilà, moi ça me gonfle. Je n’aime pas la consanguinité, je n’aime pas l’esprit de clan, je n’aime pas voir des personnes exclues par principe pour ce qu’elles sont dans l’indifférence voire l’ignorance générale.

Je n’aime pas le sexisme, il me rend triste. Et je regrette que ce sujet ne fasse pas couler autant d’encre que les débats autour de la qualité de nos designs, de l’optimisation de notre code ou de la protection de nos données privées.

Le saviez-tu

Il n’y a qu’à se baisser pour récolter une pleine pelleté d’anecdotes désespérantes sur le sujet, avec des conséquences toujours plus sinistres pour la représentativité des femmes dans notre communauté. Vous voulez connaître quelques-unes des miennes ? Garanties toutes de première main, entendues ou lues de collègues ou d’amies ces dernières années.

Je pense par exemple à cette oratrice qui passe des heures à choisir sa tenue de scène dans l’espoir de trouver l’équilibre entre « pas trop guindée » et « pas trop à poil » afin qu’on parle d’autre chose que de son apparence physique quand elle ouvrira la bouche.

Ou celle-là qui n’ose tout simplement plus proposer de sujet à des conférences, pour les mêmes raisons.

Et celle-ci qui se permet de bondir à l’annonce d’une bonne nouvelle et dont le supérieur demande en souriant lubriquement sur son décolleté « de le refaire ».

Ou encore celle-là qui n’en peut plus des blagues quotidiennes sur la sodomie dans son équipe (jamais au sujet des anus mâles évidemment) et à qui on rétorque qu’elle n’a pas d’humour quand elle se plaint.

Et celle-ci qui ne remettra jamais les pieds dans une conférence technique parce que la seule chose qu’elle y a apprise c’est qu’une femme n’avait rien à y faire et encore moins à y dire.

Ou celle-là à qui on balance sans rire que les développeuses ça n’existe pas et que les gonzesses sont tout juste bonnes à colorier en CSS.

Voilà pour les premières qui me viennent en tête, mais je pourrais continuer.

Pfff, faut pas exagérer

En réponse à tout ça, j’entends généralement mes collègues mâles rétorquer qu’il ne faut pas prendre ces taquineries au pied de la lettre, que c’est bon enfant, etc. Je connais très bien ces contre-arguments confortables, pour la bonne raison que je les ai tous moi-mêmes sortis à un moment ou à un autre, persuadé de mon bon droit. Je vais donc me permettre de m’auto-répondre ici :

« J’ai jamais constaté de telles situations dans mon quotidien »

Demande donc à tes collègues/amies si elles n’ont pas toutes une petite anecdote sur le sujet, tu seras surpris.

« Moi en tout cas j’ai jamais fait ça »

On s’en fout. Si tu te sens visé c’est dommage (et bizarre), quoi qu’il en soit tu es peut-être un saint mais tu n’es pas tout seul (et à bien y réfléchir, tu n’es peut-être pas un saint de toute façon).

« C’est pas facile non plus d’être un homme »

Oui, c’est très triste. Tu veux une médaille pour réussir à survivre dans ce monde impitoyable où tes semblables dominent ? Le racisme anti-blanc en France te scandalise sans doute aussi.

« Roooh ça va, c’est pas méchant »

Sauf que ce n’est pas parce que tu n’as aucune intention hostile avouée que ce que tu dis est inoffensif. Plutôt qu’essayer de persuader tout le monde que tes propos étaient bienveillants et super drôles, tente peut-être de savoir pourquoi ils ont blessé celle qu’ils visaient.

« T’as juste pas d’humour »

C’est vrai qu’à la 57910e blague de merde sur le même sujet, mes zygomatiques s’essoufflent.

« Les meufs kiffent, d’ailleurs elles sont encore plus misogynes que nous »

Si je te reponds que c’était soit trouver votre délire machiste trop marrant et en rajouter, soit être exclues à vie du groupe parce que quand-même on peut pas rigoler avec elles, ça met les choses en perspective ?

« Y a plus grave, franchement »

Ah, mince. N’oublie pas de nous filer la liste des causes légitimes rangées dans l’ordre pour qu’on puisse la suivre à l’avenir, ça sera plus simple.

« Ça marche très bien comme ça, pourquoi tu nous fais chier »

Parce que l’Apartheid et les camps de concentration aussi marchaient très bien (oui, je m’auto-Godwin, comme ça c’est fait).

Alors

Ma conclusion personnelle sur le sujet est sans doute un peu naïve mais finalement assez optimiste : je ne pense pas qu’un être humain doté d’une intelligence et d’une empathie normales puisse nier en toute honnêteté l’existence de ce problème s’il prend cinq minutes pour y réfléchir posément.

Évidemment en tant qu’homme on ne peut pas prétendre savoir ce que c’est que de le vivre, mais on peut au moins faire l’effort de tenter de le comprendre. C’est somme toute assez simple si on se donne un tant soit peu la peine de se mettre à la place de l’autre et de ce qu’il (elle, en l’occurrence) vit au quotidien.

Faire cet effort ne serait-ce qu’un court instant, pour essayer de savoir quel goût ça a de passer toute son existence sur la défensive, de comprendre combien subir ces micro-agressions chaque minute de chaque jour de chaque année de sa vie est à la longue usant, excluant, démoralisant, destructeur, pénible, nul.

Donc si tu penses que j’invente tout ça, et comme je sais que tu n’es pas un gros beauf machiste (ils ne lisent pas mon blog), c’est forcément que tu as été trop feignant jusqu’à aujourd’hui pour te forcer à réfléchir dessus.

J’aimerais évoluer dans un milieu professionnel mixte un peu moins naze que les autres, et pour ce faire je propose donc que nous cessions tous d’être feignants.

Ah oui, dernière chose : si tu pensais t’en sortir peinard en remplaçant « elle est bonne » par « travail d’arabe », « fait en juif » ou « on est pas des pédés », j’ai le regret de t’apprendre que tu ne fais qu’assaisonner ta beauferie avec un autre épice.

Posté le 8 juillet 2015

Arf, le champ est vide…

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Commentaires (46)

  • Merci pour ton article <3

    Le pire c’est quand, en tant que femme, j’ai atteint le stade “Oh il a dit ça ? Non mais c’est pas grave, j’ai l’habitude, et puis je le connais, je sais qu’il est pas méchant c’est pas vraiment ça qu’il veut dire”. Et puis j’ai réalisé… Réalisé que ce genre de remarques était tellement habituel que, par “instinct de survie”, j’ai fini par me dire que ça n’était pas grave. Parce que réaliser que tous les gens qu’on apprécie (hommes ou femmes, et moi compris) (oui, je m’apprécie plutôt bien :D) ont déjà tenus/tiennent encore régulièrement ce genre de propos, ça déprime.

    Mais, personnellement, je suis piégée : à force de réagir à ce genre de propos, mes collègues font maintenant exprès de dire des choses choquantes pour le plaisir de me voir soupirer/lever les yeux au ciel/m’énerver. Je me console comme je peux : au moins, ils savent qu’ils ont des propos problématiques et sont maintenant beaucoup plus enclins à les entendre en société et à réagir quand je ne suis pas là pour le faire. Dans un sens, j’ai “gagné” donc (on se console comme on peut).

    #1 par Anne-Sophie

    8 Juil. 2015 à 09h42

  • En tant que développeuse, j’ai la chance de n’avoir jamais vécu ce genre de situation (encore que… le dirigeant qui disait “dans notre équipe, on a la beauté des femmes et l’intelligence des hommes”, ça compte ?).

    Je suis scandalisée par les témoignages que je lis, de gens que je connais ou non. Et ça me fait tout chose que tu écrives un article sur ce sujet brûlant.

    Merci !

    #2 par Lara

    8 Juil. 2015 à 09h45

  • C’est marrant la photo que t’as choisie. Cet immeuble en construction on dirait une bite.

    #3 par kazes

    8 Juil. 2015 à 10h11

  • Merci Chris de prendre la parole ! J’ai bon espoir que la popularité de ton blog aide à faire passer le message auprès d’un public plus grand. 🙂

    Je suis souvent surprise et un peu dépitée de voir que, même si certains de mes collègues hommes non machos trouvent telle ou telle plaisanterie abusée, et qu’on en parle entre nous, ils ne réagissent pas publiquement.

    Peur de passer pour des dégonflés, en se désolidarisant du groupe de bourrins ?

    La pression des connards n’est pas seulement aliénante pour les victimes de ces plaisanteries douteuses, mais aussi pour ceux qui rejettent l’humour oppressif mais qui ont peur des conséquences (sociales, professionnelles).

    Le fait que ça soit, dans 99%, une ou deux femmes de l’équipe qui réagissent aux remarques misogynes, ça n’aide pas les beaufs à culpabiliser et à prendre conscience de leur connerie, bien au contraire : ça les conforte dans leurs a prioris sur les femmes.

    Donc, messieurs : aidez-nous à moucher les beaufs dont l’humour est resté bloqué en 1950. L’union fait la force ! (Au passage, j’espère qu’il y aura non seulement des femmes mais aussi des hommes qui iront de leur petit commentaire sur ce billet.)

    Deux petites perles pour finir :

    • À un collègue qui annonçait, tout ému, la naissance de sa fille, quelqu’un lui a répondu  : « Chouette, il y aura plus de monde pour s’occuper de la cuisine chez toi ! », hilare.

    • À l’annonce du départ d’une collègue dev, quelqu’un a répondu : « Il va falloir recruter de la minette pour compenser ! ».

    ad lib.

    #4 par Marie

    8 Juil. 2015 à 10h11

  • Le plus important en effet, c’est de cesser d’être feignant. Améliorer notre endurance à nager à contre-courant, à savoir s’extraire du groupe pour marquer un désaccord, à cesser d’être complaisant vis-à-vis de ses propres micro-lâchetés quotidiennes qui – bien plus que la haine ou la cruauté – font le lit de l’enfer. « Le lit de l’enfer »… bah, je trouverai une meilleure formule la prochaine fois.
    Après, ce qui est incompréhensible, déprimant, c’est quand on voit certaines des plus adorables être irrésistiblement attirées par les plus machos des bourrins ! Voire y aller aussi de leurs petite blague bien lourde. Oh, women.

    #5 par Daniel Moutou

    8 Juil. 2015 à 11h11

  • Pour répondre à Marie sur le faite de répondre en tant que mec à un beauf.

    Les remarques sexistes dans mon entourage ne défilent heureusement pas toutes les 5 minutes. Ce qui fait que quand je tombe sur une remarque comme ça, je me retrouve à l’analyser dans ma tête :
    - Pourquoi ça phrase me gène ?
    - Pourquoi j’ai pas trouvé drôle sa blague ?
    - Est-ce parce que c’est sexiste ?
    - Est-ce parce pour une autre raison ?
    - Comment lui expliquer au mieux son erreur sans le braquer et faire dans le contre productif ?

    Résultat le temps que je réponde à ces questions dans ma tête le sujet de conversation a dérivé depuis longtemps et je me sens un peu bête de revenir dessus. Dès fois je reviens dessus, dès fois je laisse couler par désespoir.

    Là où je trouve qu’il y a encore le plus de sexisme c’est quand on parle d’enfant :
    - Les filles sont plus sages que les garçons
    - Les garçons ont plus d’énergie à dépenser que les filles
    - Tu es une vrai fille avec ta robe

    Et même beaucoup de ceux qui se disent défendre les femmes se font avoir avec ça.

    #6 par Aurélien

    8 Juil. 2015 à 11h27

  • Je suis content que quelqu’un prenne le pas de parler de ce problème hors twitter (parce qu’on le sait tous, Twitter est vraiment super pour traiter d’un problème de fond 🙂 ).

    Mais je n’apprécie pas l’angle d’attaque pris pour régler ce souci:

    • ia d’un côté les connards/beaufs/react qu’il faut exterminer à tout prix;
    • de l’autre les gentils pro-sexistes/féministes/gauchistes/;

    On en vient à un point où t’as plus le droit de penser ce que tu veux, et d’adhérer à des valeurs qui ne sont pas les tiennes parfois, et donc on ne met pas hommes et femmes à égalité.

    C’est d’ailleurs un comportement assez “français”, d’appliquer une nouvelle inégalité pour en corriger une autre :/

    Je pense qu’il faudrait plus de femmes dans le monde du web pour que les mentalités évoluent, plus de conférencières, pour que plus de développeuses douées puissent être mises en avant.

    Mais d’un autre côté je refuse qu’on accepte une femme dans une conférence juste pour son statut de femme et “parce que tu comprends, elle en a chié pour être là quand même” et manger une énième conférence sur l’ux ou le design émotionnel (je tape sur personne, lisez le programme de Paris Web / SudWeb sur les 3 dernières années pour comprendre l’évolution).

    Apprenons tous à nous respecter sans nous insulter, et je pense que ça se passera mieux.

    Merci Christophe pour ton post, qui m’a permis de m’exprimer sur le fond même si la réponse ne plaira pas forcément à tout le monde 🙂

    #7 par Mickaël Andrieu

    8 Juil. 2015 à 11h42

  • Je n’avais pas envie de commenter ce billet, et puis je me suis dit que l’extrait d’un bouquin que je donnais il y a quelques temps pourrait servir aux lecteurs de passage : http://emmanuel.clement.free.fr/blog/index.php/post/2013/11/13/Du-c%C3%B4t%C3%A9-de-la-vie
    Dans cet extrait, remplacez « pollution » par « sexisme » et vous y êtes.

    #8 par Emmanuel

    8 Juil. 2015 à 11h49

  • Pour moi, l’image choisie et le titre pour illustrer le texte sont amusants mais contre-productifs. Le texte est sérieux. Les beauferies sexistes sont tant orales dans les réunions bondées que physiques dans les transports en commun bondés. Or l’image fait sourire.
    Après quelques heures, je parie que 80% des hommes se rappelleront plus de la photo que de la portée du texte. Je pencherai pour une inversion coté femmes. Donc, si le message est de sensibiliser les hommes et de les faire réfléchir, je pense que l’objectif n’est pas atteint. Si le message est de rappeler aux femmes que les beaufs existent … euh… est-il nécessaire de le faire ? 😉
    Je pense que l’image inversée la tete en bas aurait un impact plus intéressant et plus en accord avec le texte : il faut inverser les choses ! 🙂

    #9 par Sébastien

    8 Juil. 2015 à 12h05

  • Super billet que j’aurais aimé écrire. Superbe argumentation pour détruire un à un l’argumentation sexiste. MERCI BEAUCOUP pour ça, ça sera utile.

    #10 par genma

    8 Juil. 2015 à 12h13

  • À la lecture des commentaires, je suis surpris par les remarques rapportées. J’ai eu la faiblesse de croire que notre métier étant intellectuel et assez avant-gardiste, il n’y avait que peu de gens capables de tant de mysoginie. My bad!

    Par contre, je ne pense pas qu’il faille insulter les gens qui ont ce type de comportement. Ça ne fait que les enfermer dans un rôle qui ne leur correspond peut-être pas. Y’a que les cons qui ne changent pas d’avis et l’erreur est humaine.

    Pour moi, il faut : - dénoncer le comportement, pas la personne, - discuter et expliquer pourquoi ça touche les personnes cibles, - obtenir de la personne qu’elle accepte d’y réflechir.

    Et ça marche aussi pour le racisme, l’hmophobie etc…

    #11 par Nicolas Froidure

    8 Juil. 2015 à 12h15

  • @Nicolas Froidure: tout à fait ! ouf, je suis rassuré de ne pas être le seul à penser ça 🙂

    #12 par Mickaël Andrieu

    8 Juil. 2015 à 13h18

  • Mickaël, je suis désolée mais si tu crois franchement que l’on sélectionne des femmes pour les conférences de Paris Web parce qu’elles sont des femmes et “qu’elles en ont chié”, tu te trompes.
    Nous sélectionnons les orateurs pour les sujets qu’ils proposent, leur expertise, leur expérience et ce qu’ils peuvent apporter à la communauté. Regarde cette année, on a des orateurs qui parlent Design et UX (Maxime Fortelle, Jean-Philippe Cabaroc) et des oratrices qui parlent de sécurité ou d’accessibilité (Virginie Galindo, Sylvie Duchateau). On ne va pas commencer à cloisonner les filles dans l’UX ou l’emotional design et les mecs dans la technique.

    Sélectionner une femme juste parce que c’est une femme n’a aucun sens, on a pas de quota à remplir.

    #13 par Laurence Vagner

    8 Juil. 2015 à 13h20

  • Merci

    #14 par Léa

    8 Juil. 2015 à 13h40

  • Concernant la place des femmes en IT, un article assez intéressant ici: http://blog.fogcreek.com/girls-go-geek-again/

    #15 par alex keledjian

    8 Juil. 2015 à 14h45

  • De tous temps, les hommes…
    Ce n’est sûrement pas équilibré : les hommes le clament plus haut, ce n’est sûrement pas une raison (c’est dans tous les cas stupide) mais c’est symétrique : “t’as vu son cul?” “Le gars dans son moule bite là…” “J’en ferais bien mon ordinaire”… avec les mêmes justifications : “Attends! les mecs aiment ça”. Le seule avantage qu’ont les femmes sur les hommes pour ces comportements c’est d’être suffisamment policées pour ne pas le clamer trop ouvertement.

    #16 par John

    8 Juil. 2015 à 14h59

  • Dans la communauté anglophone, ça fait un moment que le sujet a été posé, c’est bien que ça apparaisse ici (ne me faites pas dire qu’il n’y a personne qui a déjà posté sur le sujet mais le sexisme dans la tech est assez nouveau).

    A noter que même pour des gens convaincus que le sexisme / le racisme / l’homophobie / etc … c’est mal, le chemin est difficile et c’est un travail de tous les jours que de faire attention à ne pas tomber dedans. Parce que notre société aujourd’hui fonctionne comme ça, qu’on a souvent connu ça pendant des années et qu’on n’est pas nombreux à se battre pour changer cet état de fait.

    Ça prendra du temps mais nous changerons les mentalités.

    #17 par stefounet

    8 Juil. 2015 à 15h21

  • Merci à toutes et tous pour vos témoignages et compléments instructifs.

    À ceux qui comptent nous jouer la chanson de la symétrie homme/femme et autres “les femmes sont douces et font toutes de l’UX” : vous êtes sûrs d’avoir lu ce que j’écrivais ?

    Sinon si vous pensez que je défends mal cette cause : c’est super, voilà une parfaite occasion de nous montrer à tous comment il faut faire et de prendre la parole chez vous ou votre employeur… 🙂

    #18 par STPo

    8 Juil. 2015 à 15h24

  • Je conserve désormais mon sang menstruel afin de le faire boire à ceux qui font ces blagues et remarques.

    #19 par Mère Teresa

    8 Juil. 2015 à 15h40

  • Merci. Vraiment.

    #20 par M.C. Paccard

    8 Juil. 2015 à 17h15

  • Assez d’accord globalement : je ne supporte pas la beauferie en bande organisée, tout en me permettant moi-même quelques écarts de conduite “assumés”.

    Ceci dit, ça devient compliqué : on en arrive à une sorte de Devoir de Respect envers les minorités visibles (les non-caucasiens pour faire simple), les majorités visibles (les femmes), les religions (celles des minorités visibles, on est d’accord…) tout en devant accepter que tout ce beau monde a le droit de taper sur les cons à bras raccourcis, en oubliant que la connerie est aussi une forme de “handicap”, plus souvent subi que choisi.

    Mes deux cents.

    #21 par bruno

    8 Juil. 2015 à 17h18

  • Il serait vain de nier que la culture nerd/geek/gamer/ fabrique des générations de garçons élevés avec une image de la femme plantureuse souvent soumise voire humiliée (De Lara Croft à Games of Thrones vous n’avez que l’embarras du choix pour projeter vos fantasmes messieurs). C’est pas la pub, le marketing et la banalisation du porno qui inversera la tendance pour ceux qui ne se sentent pas appartenir à cette communauté, souvent épinglée sur le sujet (http://www.internetactu.net/2014/11/25/la-culture-geek-doit-elle-mourir/, https://www.youtube.com/watch?v=kZQ8GUDscOw).

    Maintenant une entreprise c’est censé défendre des valeurs et diffuser une culture. Sans préciser que le harcèlement moral ou sexuel c’est puni par la loi. Donc je dirais qu’un code de conduite, comme on le voit souvent maintenant pour les conférences, qui énonce quelques règles élémentaires de vie commune, ça pourrait déjà être un premier pas pour faire évoluer les mentalités en entreprise. Si ça peut faire réfléchir à deux fois avant de sortir une énième blague sexiste ou raciste, les journées de certains s’en trouveront pas moins agréables.

    Pour la petite histoire, nous sommes allés intentionnellement chercher des oratrices pour amener plus de parité cette année lors de Sud Web. Un travail déjà entamé l’année précédente avec entre autres une oratrice que tu connais très bien et que nous voulions entendre, non pas parce qu’elle était une femme, mais qu’elle avait une vraie légitimité et un propos intéressant à défendre, mais qu’elle n’aurait peut-être jamais osé franchir le pas si on ne l’avait aidée.

    À notre grande surprise le nombre de participantes lors de cette dernière édition a doublé par rapport aux années précédentes. Malheureusement pour nous, les deux profils féminin très très techniques que nous avions sélectionné ont du décommander au dernier moment. Le bilan reste tout de même très positif et nous continuerons à faire des efforts dans ce sens, pour contribuer à notre modeste niveau à faire évoluer les mentalités et nous assurer que les femmes puissent s’exprimer en toute liberté sur les sujets de leur choix.

    #22 par Frank Taillandier

    8 Juil. 2015 à 21h03

  • @Frank : Concernant la discrimination positive, honnêtement j’étais contre assez longtemps, parce que je la jugeais excessive et contradictoire. Mais j’ai fini par changer d’avis et par accepter qu’elle soit un “mal” nécessaire, ne serait-ce que pour lancer la machine… le point central étant en effet que certaines femmes n’auraient jamais osé franchir le pas si on n’était pas venus les chercher. Pour ça (entre autres), merci.

    #23 par STPo

    9 Juil. 2015 à 09h28

  • Mais on conserve tout de même le droit de faire de l’humour sur les femmes, ou c’est également vu comme du sexisme ?

    #24 par David

    9 Juil. 2015 à 11h03

  • @David : Bah c’est comme pour les blagues racistes ou homophobes, c’est simple.

    Il faut que ce soit drôle pour que la transgression vaille le coup. Il faut que ce soit avec un public qui te connaissent suffisamment pour savoir que c’est du second degré. Il faut pas que ce soit tout le temps, sinon ce n’est justement pas très drôle pour les gens ciblés.

    Dans 99 % des cas, je pense que ça tombe mal. Mais bon dans 1 % des cas, je rigolerais de bon cœur avec toi.

    #25 par Vincent

    9 Juil. 2015 à 13h35

  • David : « Mais on conserve tout de même le droit de faire de l’humour sur les femmes […] » Penses-tu que quelqu’un t’impose quelque chose ?

    « […] ou c’est également vu comme du sexisme ? » Par qui ?

    Ce n’est pas une histoire de « droit » (quelque chose qui serait extérieur à nous) « à conserver » (ah parce qu’en plus on nous l’enlève !?), c’est une histoire de gens qui se parlent pour se comprendre. À partir du moment où une violence vient en réponse à une autre, où une oppression vient en réponse à une autre, on n’est plus dans le dialogue.

    Mon avis personnel : de l’humour sur tout, même du mauvais (à ne pas confondre avec sexisme, ni agressivité), même sur les femmes, même sur les hommes !

    #26 par Emmanuel

    9 Juil. 2015 à 21h55

  • Honnêtement je dis bravo!, technique parfaite de séduction en masse de la niche féministe et autres victimaires du sexe. J’entends d’ici les spasmes vaginaux, les durcissements divers et autres galactorrhées qui te répondent en salves. Bien sûr, je pratique individuellement ce discours, avec ce détachement et cette même modération qui sont l’apanage du juste, mais ton approche à spectre large, à la limite de l’industriel, me laisse un peu rêveur et passablement jaloux. Mais nous savons tous les deux le succès de cette posture intellectuelle chevaleresque, hein, frère testostéroné insert high five here

    #27 par fred

    10 Juil. 2015 à 09h08

  • La vérité, c’est qu’on ne peut plus rien dire, et que tout le monde se prend très au sérieux.

    Coluche et Desproges me manquent.

    #28 par MoiJDirai

    10 Juil. 2015 à 09h24

  • Tous ces geeks qui se font les chantres du combat féministe, c’est à gerber. Dans quelques années, on se dira que cette posture, elle était typique des années 2015. François Dolto, a bien bourré le mou à la génération précédente. Vous mamans se fières de vous les mecs. Faudra pas pleurnichez si vous vous retrouvez en couple avec une nana castratrice.

    La majorité des filles vous aiment bien, pour elles vous êtes de parfaits “bons copains”. Mais la vérité, c’est qu’elles kiffent les machos. Deal with it.

    #29 par Paul

    10 Juil. 2015 à 09h38

  • Putain, vous étiez où les courageux anonymes de Néanderthal, ça fait deux jours qu’on vous attend !
    Brillantes interventions les gars, j’espère que vous vous kiffez.

    #30 par STPo

    10 Juil. 2015 à 10h07

  • Entièrement d’accord avec Paul et Fred.

    Pas plus tard qu’hier, j’ai tenu la porte à une femme dans le métro, mais cette féminazi a refusé d’avoir des rapports sexuels avec moi. Face à cette insupportable misandrie, signe évident du racisme anti-homme politiquement correct qui sévit en dictature socialisse, je suis rentré chez moi et ai furieusement relu mon intégrale d’Eric Zemmour, seul moyen de calmer ma rage.

    #31 par Gabriel

    10 Juil. 2015 à 10h17

  • Tous ces commentaires sont déprimants … je pensais que dans milieu “jeune” comme le notre, les mentalités seraient moins rétrogrades. Y pas une corde qui traine ?

    #32 par Julien De Bats

    10 Juil. 2015 à 10h53

  • Crêpe Georgette, “Détruire la virilité”, post de blog datant de 2013 (les parenthèses sont de moi) :

    “Beaucoup d’hommes (de geeks) semblent très occupés à tenter de définir leur place dans le féminisme. C’est pour moi un phénomène assez curieux que de voir des hommes, qui ont déjà une place immense dans la société (ex : les informaticiens), venir encore en réclamer une dans le féminisme, perdre du temps à débattre de ce sujet alors qu’il y a d’autres urgences. Discuter de sa place c’est toujours un temps qui ne sera pas passé à discuter des inégalités subies par les femmes.

    Alors puisque certains cherchent leur place dans le féminisme, que même là il faut se préoccuper d’eux sinon ils passent leur temps à solliciter notre attention pour en réclamer une, attribuons leur en une.” (…) “(Les geeks) Vous voulez votre place dans le féminisme ? Détruisez la virilité.”

    Les geeks féministes qui ont parfaitement intégré ce discours l’admettront sans peine : il faut couper votre zob, et détruire votre propre désir des femmes qui la plupart du temps est une putain d’agression. Seulement alors vous serez 100% féministe-compatible.

    #33 par Paul

    10 Juil. 2015 à 10h54

  • Je ne vois pas où ni comment l’auteur de cet article essaie de se faire une place dans le féminisme. Il énonce et dénonce des faits, et propose à ses comparses d’en prendre conscience. Je ne vois pas de plaintes, de réclamation dans cet article. L’effort doit être des deux “côtés” pour avancer, et il encourage cet effort. Merci pour ça, c’est tout.

    #34 par varouschka

    10 Juil. 2015 à 11h05

  • @Paul : je connais cet article, et je suis parfaitement d’accord avec son propos. Toi par contre tu n’as strictement rien dû y comprendre si j’en crois ton dernier paragraphe, ou alors il faut partager ta drogue parce qu’elle a l’air super bonne.

    #35 par STPo

    10 Juil. 2015 à 11h51

  • Merci :* pour ton billet, clair, ferme et argumenté. Que certains, en commentaires, se sentent atteints dans leur bon droit à exercer cette forme d’humour oppressant (entre autres), ne fait que le justifier.

    #36 par tetue

    14 Juil. 2015 à 11h55

  • Merci beaucoup tout plein Chris ^____^

    J’ai commencé comme inté dans un milieu de mecs, je me suis déjà fait retirer un projet parce que le chef de proj voulait quelqu’un avec des couilles (spoiler alert: j’ai vu le projet revenir sur mon bureau 3 mois plus tard parce que le couillu n’arrivait pas à faire marcher tous ses scripts dreamweaver…), j’ai aussi eu à me battre contre des femmes qui faisaient leur beurre de la misogynie et des clichés issus du paternalisme à tout va (spoiler alert: j’ai souvent perdu…), j’ai aussi identifié en moi certains patterns qui m’ont révulsée et que je continue de charcler aujourd’hui ici et là.

    Il est vrai que c’est en France que j’ai connu les situations les plus sexistes sur mon lieu de travail. J’ai bossé (et je bosse toujours) à l’étranger et c’est différent mais ne croyez pas pour autant que ça n’existe pas. Au contraire, c’est je pense tellement moins flagrant que s’en est encore plus puant : et vas-y que je te sers de la brolidarité (solidarité entre mecs/bro) à tout va et que même les femmes appellent tout le monde “guys” quand il s’agit de parler à un groupe (là où “folks”, “people”, “everyone” serait bien assez). Récemment j’ai proposé d’appeler tout le monde “girls” pour donner plus de visibilité à cette impression de laisser pour compte que je ressens parfois, ça a été très mal accueilli (combo magique de “ah non mais si tu commences à vouloir marquer des différences aussi, on est pas sorti et en plus ça va augmenter la discrimination” + “nan mais tu fais sonner le fait d’être un mec comme si c’était une insulte”).

    Bref, merci beaucoup tout plein.

    #37 par vi

    17 Juil. 2015 à 17h00

  • @vi : merci pour ces compléments, instructif de savoir comment ça se passe par delà nos frontières…

    #38 par STPo

    17 Juil. 2015 à 18h58

  • Toutes les développeuses te kiffent maintenant (si ce n’était pas encore le cas huhu) ♥

    #39 par Karen

    21 Juil. 2015 à 13h15

  • @karen : mais grave, j’ai évidemment écrit tout ça pour PÉCHO À MORT. \o/

    #40 par STPo

    21 Juil. 2015 à 13h46

  • Selon mon choix de tenue, je sais si je vais avoir des “remarques” ou pas. La liberté est donc où ? Dans le choix de sa tenue, où dans le choix d’assumer des remarques ? Et il ne faut pas croire que ce sont les tenues les plus “sexy” qui attirent.

    Le style “business féminine” ne provoque pas de harcèlement, “simplement des “belle femme” “bonjour Mademoiselle” “très jolie”. Le style “détendue féminine” fait des “dégâts” et a pour conséquence des “abordages” de mauvaises augures (jean avec un tee shirt et des talons suffisent). Là, il faut avoir de l’expérience pour détourner la situation sans provocation. Impossible de dire “Lâche moi pauvre con”.

    Parfois, tu n’as aucun style, mais comme tu es la seule fille dans la rue, alors tu es un morceau de viande face à 5 chiens qui n’ont pas bouffé depuis 20 jours. “T’es bonne”… un effet de meute… baisser les yeux, ne rien répondre…

    Je n’ai pas peur de cela. Je m’y suis habituée (malheureusement). Et nous les femmes, lorsque nous regardons un homme dans la rue, nous pouvons aussi avoir des pensées…à la seule différence qu’elles sont avouables.

    #41 par Valérie G

    27 Juil. 2015 à 19h24

  • Merci pour votre article.

    Pour avoir tenté (avec un autre homme cisgenre**) de sensibiliser des technophiles créateurs(trices)-bidouilleurs(euses) au sexisme de leur “club de mecs” que forme souvent ces réunions de leur hackerspace, je sais les réticences de ces gens, l’hostilité même lorsque tu soulèves le problème, leurs promesses de + faire attention (à cela ou au femmes?), le “courage” (hum) qu’il faut pour en parler, l’énergie nécessaire, la pédagogie et la diplomatie pour ne pas te faire bannir socialement du groupe…

    La réalité : je n’ai plus participé (je venais juste un peu aux réunions), il n’y a que une 1 ou 2 femmes qui reviennent régulièrement sur la mailing-list (vs. 5 à 7 hommes réguliers), un gars ma confié que certaines femmes intéressées ne sont jamais revenues (donc 1x seulement), leur site web de l’association ne comporte aucune marque de langage épicène (ce que Wikipédia appelle le langage non-sexiste)… Désespérant.

    ** cisgenre = dont le genre ressenti ou exprimé, coincide globalement ou totalement avec le sexe biologique (femme & vulve/utérus ; homme & pénis/testicule) ; antonyme : transgenre.

    #42 par Mathias, Poujol-Rost,

    1er Août 2015 à 23h04

  • J’arrive un peu tard, mais : “clap ! clap !” Tout ce que tu dis là est vrai, j’espère que ce billet contribuera à changer (un peu) les mentalités.

    #43 par Nicolas Gans

    29 Sep. 2015 à 06h47

  • […] Pas dans le sens « c'est une bonne oratrice », non, mais dans le sens « Han, elle est bonne ! ». En 2015, certains continuent donc de juger une conférencière d'abord sur son […]

    #44 par Bonnes adresses à Lyon

    5 Nov. 2015 à 08h48

  • A raison de 3 à 4 remarques sexistes/jour sous forme de blagues, je vous confirme que malheureusement le niveau d’études n’est pas directement un frein à ce type de comportement. Personnellement j’ai souvent eu droit aux remarques physiques, toujours de manière publique sur mon lieu de travail. Car en privé chacun de mes collègues blagueurs reprenait un comportement pro et “normal”, je trouve ça assez édifiant. C’est d’ailleurs ce qui me permettait de ne pas les détester et d’en discuter !

    J’ai même été estomaquée de voir un flagrant délit de sexisme assumé dans un mail de plusieurs collaborateurs (patron compris) qui contenait une tournure de phrase du type “je ne vois pas pourquoi débattre de problèmes techniques concernant une application qui a, de toute manière, été codée par une femme”. S’en ai suivi une manifestation de rage totalement non professionnelle. Et même si ça a gêné beaucoup de gens, au final c’est passé comme une lettre à la poste. Je me demande à quel point sensibiliser sur le sexisme ordinaire aurait pu faire comprendre à ceux qui le veulent bien à quel point ce comportement là n’aurait pas eu sa place.

    Enfin bref, voir des hommes ne plus oser taire à quel point cette contradiction les dérange est vecteur de courage pour beaucoup, je pense. L’impression de ne pas toujours traverser le désert. Merci @STPo !

    PS : @Paul, passer d’une discussion sociologique à un raccourci sur la présence tolérée ou non de tes parties génitales n’a absolument rien à faire dans une conversation professionnelle. Si tu tiens tant que ça à l’aborder et qu’un auditoire t’écoute légitimement, peut-être que tu aurais du embrasser une carrière d’urologue ou de proctologue ?

    #45 par Mademoiselle NI

    30 Nov. 2015 à 16h21

  • Il me semble que l’on a mis de coté les homos, non ? Est ce que leur présence n’aurait pas tendance à calmer un peu le graveleux ? Rapport à la peur que pourrait ressentir l’hétéro mâle hyper convaincu ( ou pas ) de sa sacro-sainte virilité, que ses propos puissent êtres interprétés comme une invitation … Je sais pas, je demande, z’avez constaté quelque chose à ce sujet ?.

    #46 par Franklin

    16 Nov. 2016 à 00h16

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