Intégrateur HTML, front-end web developer : quel salaire ?

On en parle sur Twitter, on compare des salaires, des offres de postes surréalistes, des sondages de la presse plus ou moins fiables : finalement, combien c’est payé un intégrateur ? Entre 1300€ et plus de 5000€ net par mois, c’est le grand écart. Alors de quoi on parle ?

Le sujet revient régulièrement sur le tapis. Je vous propose de dérouler ici mon évolution salariale chiffres à l’appui, brisant un tabou bien ancré en France : parler de sous c’est toujours un peu sale. Je le fais d’autant plus sereinement que j’ai quitté le salariat pour me mettre à mon compte depuis plus d’un an maintenant. J’espère que ça aidera certains à se faire une idée de l’état du marché.

L’idée est également de recueillir les expériences d’autres travailleurs issus de types d’entreprises et de zones géographiques différentes pour pondérer tout ça, n’hésitez donc pas à apporter votre grain de sel en commentaires.

Marché porteur, salaires à l’avenant

Afin d’éviter toute confusion, je vais commencer par ce point : entre deux bulles, le web est un secteur qui va bien. Les compétences y sont rares (surtout en front-end) et il est logique, dans une société de marché régie par les lois de l’offre et de la demande, qu’elles soient bien payées. C’est pourquoi on va parler ici de problèmes de riches : nous sommes des privilégiés, n’oublions jamais ça au moment de geindre publiquement sur nos rémunérations.

Paris / Province

Il faut garder en tête que les montants dont je vais parler sont des salaires parisiens : vie chère, immobilier inaccessible, vous connaissez la chanson. En province, il faudrait très probablement pondérer tout ça (et assez sûrement revoir à la baisse les chiffres de quelques k€).

Agence / Éditeur / Client

Enfin j’aborderai ici les salaires pratiqués dans les seules entreprises que j’ai réellement fréquentées de l’intérieur (si j’ose) : les agences. Je sais pertinemment qu’on peut être mieux payé en SSII, moins bien en PME, c’est fluctuant.

J’arrête le blabla : place aux chiffres donc !

Intégrateur junior

Mon premier salaire, c’était en septembre 2006 dans une grande agence parisienne et c’était 26k€/an (environ 2150€/mois brut).

Je n’avais rien négocié (ou alors extrêmement mal) mais c’était un bon premier salaire, parce que je n’étais pas non plus débutant : je sortais de 2 ans de freelance (plutôt raté) en développement divers (Flash, PHP, MySQL, HTML), j’avais déjà un pied dans le web et quelques références valables.

Cela dit j’étais « junior » dans la mesure où je n’avais découvert les standards que peu de temps avant (nous sommes en 2006), que j’avais un profil plutôt axé back-end à la base (et donc du retard sur le front) et que j’étais vraiment nul en JS (à l’époque on ne pouvait pas tricher avec les bibliothèques, ou alors beaucoup moins).

Je précise également que j’avais 26 ans : ça peut paraître hors-sujet mais l’entreprise qui m’avait employé indexait alors ses salaires sur l’âge des salariés, méthode qui aujourd’hui encore me laisse pantois (je ne sais pas si ça a changé). 26k€ à 26 ans, amusant non ?

La plupart de mes collègues tous frais sortis de leur IUT tournaient plutôt autour de 22k€/an, voire même 20k€/an. Je lis ailleurs des rémunérations entre 1670€ et 2200€/mois brut, ce qui correspond grosso modo à la fourchette que j’ai pu constater à l’époque.

Le SMIC brut en 2012 est de 1400€/mois. Faire un job qualifié (et, j’insiste, recherché) pour 250€ de plus, c’est être mal payé. Si vous êtes dans ces eaux-là, vous avez pas mal de marge pour négocier à la hausse, et si vous êtes en dessous vous avez toute légitimité pour faire un scandale…

Intégrateur confirmé

En 2009, j’ai quitté mon entreprise avec un bagage et une expérience assez solides : 2-3 ans sur des sites grands comptes avec des problématiques parfois complexes et des clients souvent exigeants (avez-vous déjà travaillé pour le monde du luxe ?).

On était encore loin de la profusion de compétences attendues en front aujourd’hui avec l’avènement du HTML5, du Responsive Web Design et autres nouveautés futuristes, mais c’était déjà un profil sérieux : bonnes notions d’accessibilité, forte attention portée aux performances, maîtrise correcte de JavaScript avec ou sans bibliothèque, gros travail sur la sémantique, etc. Bref ce que j’appelle un intégrateur généraliste confirmé.

J’ai signé chez un concurrent (toujours une grosse agence, toujours à Paris) et mon salaire a fait un gros bond : je suis passé à 36k€/an + intéressement (donc à peu près 38-39k€ en tout). J’étais clairement en position de force et je n’ai pas été tendre sur la négociation, ce qui m’a permis (cette fois) d’obtenir ce que je voulais. Et a confirmé ce dont je me doutais déjà : la meilleure façon d’être augmenté dans sa boîte, c’est encore d’en changer (ou de menacer de le faire…). Sinon on court le risque de rester au ras des pâquerettes assez longtemps, ce qui est triste.

J’avais le meilleur salaire du pôle (à part ma chef). Et c’est là qu’ont commencé les problèmes : les perspectives d’évolution salariale à ce poste se sont révélées nulles. En agence, on ne paie pas un intégrateur, même expérimenté, au-delà de 40k€. Un intégrateur senior, ça n’existe pas : pour espérer évoluer encore, on m’a fait comprendre qu’il me faudrait changer de poste pour passer, par exemple, chef de projet technique (faire des estimes et des plannings, youpi), « vrai » développeur (à peine mieux loti) voire manager (iiiirk).

Bref, que des perspectives qui n’intéressent pas 90% des intégrateurs qui aiment leur métier d’intégrateur, pour la bonne raison qu’il s’agit souvent davantage d’une reconversion que d’une évolution.

Alors que faire ?

C’est me semble-t-il LE gros tournant dans la plupart des carrières front-end : qu’est-ce que je fais quand je suis devenu un intégrateur trop cher ?

Les véritables pistes d’évolution existent, mais elles ne sont pas toujours faciles à imposer, surtout en agence. Ce n’est pas une partie que je développerai outre mesure ici tant elle mériterait un article à part entière. Quelques idées qui me viennent en tête malgré tout…

Spécialisation, devenir « Expert »

Certains se spécialisent (JavaScript, accessibilité, performances, etc.), deviennent meilleurs dans le domaine qu’ils privilégient et touchent légitimement de plus gros salaires. Je connais par exemple des développeurs JavaScript seniors à plus de 45k€/an (plus souvent chez le client qu’en grosse agence par contre).

Le revers de la médaille, c’est qu’on délaisse fatalement les autres compétences qui faisaient de nous un « bon généraliste » au profit de cette spécialisation, mais sans doute est-ce une évolution logique assez inéluctable de nos métiers. Encore faut-il ne pas se tromper de spécialisation (quelqu’un se souvient des développeurs Silverlight ?)…

Consulting

On peut également devenir consultant front-end. Honnêtement j’en connais peu, et ce sont de grosses brutasses extra-terrestres assez uniques. Je ne sais rien de leur vie ni de leurs mœurs secrètes, s’ils passent par ici qu’ils se manifestent !

Freelance

Pour ma part j’ai choisi le freelance, pour plein de raisons qui n’ont rien à voir avec ma rémunération mais AUSSI pour pouvoir la choisir moi-même sans attendre le bon vouloir d’un supérieur ou d’un groupe qui m’assure « souffrir de la crise ». J’essaie de rester un bon généraliste, voire même un peu plus puisque je fais assez régulièrement de la créa.

Même si on ne peut pas le comparer avec un salaire, je donne ici le montant de mon chiffre d’affaire sur 2011 (pour 2012 il va falloir attendre !) et je ne peux que vous conseiller à nouveau cet excellent thread sur Kob-One qui parle aussi du sujet (mais encore une fois ce n’est pas comparable avec un salaire, attention).

Je conclus, rassurez-vous

Voilà, c’était un aperçu de « ma vie mon œuvre » dans le monde merveilleux des salaires indexés sur les balises. J’espère qu’il pourra servir de base à certains pour se situer dans cette jungle et négocier efficacement leur premier salaire (voire renégocier leur salaire actuel !).

Encore dernièrement j’ai vu passer des offres d’emploi front-end d’entreprises dont les RH, devant la difficulté rencontrée à recruter les bons profils parce qu’elles sont trop sympas, ont fini par se résoudre à ajouter 10k€ (dix !) à l’enveloppe salariale prévue initialement… Comme quoi ça vaut le coup de se battre et de ne pas brader son expertise.

Je suis loin de prétendre à une quelconque exhaustivité dans les chiffres énoncés ici, d’ailleurs j’ai sous le coude des contre-exemples d’intés à à plus de 5000€/mois (EDIT 12/10 : le tweet qui en parlait a été supprimé, désolé il faudra me croire sur parole !) qui explosent littéralement tous les baromètres que j’ai pu élaborer au cours de ma vie professionnelle et qui restent aujourd’hui encore totalement incompréhensibles pour moi. Ce qui souligne le problème épineux de la terminologie utilisée pour définir nos postes : intégrateur, front-end web developer, ça peut vouloir dire beaucoup, beaucoup de choses…

Alors chez vous, c’est comment ?

Posté le 27 septembre 2012

Arf, le champ est vide…

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Commentaires (58)

  • Timing parfait, j’avais justement besoin de faire un tour d’horizon des salaires pour un intégrateur sur Paris…

    Si il y a des gens (comme moi) qui s’embrouillent un peu avec net et brut, le salaire annuel et mensuel je viens de trouver http://www.salairebrutnet.fr/ qui aide pour voir combien on a dans la poche une fois les charges soustraites chaque mois avec le salaire brut, annuel ou horaire ou autre.

    Encore merci pour l’article 🙂

    #1 par Justin Marsan

    27 Sep. 2012 à 10h15

  • Si tu veux une comparaison provinciale, j’ai débuté à Caen dans une SSII en frontend dev y’a 4-5 ans à 18k sorti d’IUT. Et j’ai été augmenté de 1K l’année suivante, et l’année d’après rien car c’était (je cite) “la crise”. Maintenant, après avoir été backend, sur Paris, je gagne en tant que frontend (à mon sens) très bien ma vie et ceci dans une PME (ancienne startup donc).

    Le frontend a pris réellement de la valeur depuis l’arrivée des webapps mobile ainsi que depuis qu’on fait de plus en plus de backend en front (app en backbone par exemple).

    #2 par _kud

    27 Sep. 2012 à 10h18

  • On peut également devenir consultant front-end. Honnêtement j’en connais peu, et ce sont de grosses brutasses extra-terrestres assez uniques. Je ne sais rien de leur vie ni de leurs mœurs secrètes, s’ils passent par ici qu’ils se manifestent !

    Présent. Enfin ces jours-ci ma spécialité c’est Excel et Outlook, mais mon fond de commerce c’est de pouvoir parler d’à peu près tout en front.

    Évidemment si tu penses à des gens comme Jérémie Patonnier, là en effet on est dans la catégorie extra-terrestre.

    Tu avais des questions ?

    #3 par stef

    27 Sep. 2012 à 10h19

  • Très bon article, sur un sujet j’ai l’impression tabou ! Personnellement je ne suis pas dev front end, mais c’est toujours intéressant de savoir combien gagne son voisin avec ses compétences.

    Merci pour cet article, dommage que tu ai pas parlé de ton salaire actuel en freelance. 😉

    #4 par Proxy

    27 Sep. 2012 à 10h25

  • @Proxy : il ne peut pas, sur les conseils de son avocat, mais il paraît que ses impôts ont passé la barre des 75%. 🙂

    #5 par stef

    27 Sep. 2012 à 10h28

  • Pas de secret aujourd’hui je suis à 26k€. Je suis plus jeune qu’à ton premier salaire (24 ans). Je suis un bon intégrateur généraliste passionné avec quelques lacunes en JS (ça mériterai une vrai formation). Je pense que c’est un bon salaire pour débuter (avec quelques prime en fonction des projets).

    Je suis bien contient de la pauvre évolution que je peux avoir. Mon binôme plus âgé et plus ancien n’est gère plus payé et je ne souhaite pas changé de poste. Comme toi j’aime mon métier et je ne le quitterai pas pour des raison de salaire.

    Si je me spécialisait, se serais en ergonomie/accessibilité mais plus tard bien plus tard.

    #6 par Yvain Liechti

    27 Sep. 2012 à 10h30

  • A peu près pareil dans l’historique de mes salaires et plutôt d’accord sur le fait qu’on fini par plafonner.

    Sur ce dernier point, je pense que c’est une question “d’éducation” des entreprises et de valorisation du métier. Pour ma part je suis en perpétuel apprentissage, surtout en ce moment avec des sites qui ne sont plus des portails à décliner mais plutôt des applis façon flash (car oui : iPad). Bref j’apprend plein de trucs et c’est pour moi super important, et avec le salaire que j’ai j’y trouve mon compte. “Pour le moment”.

    On le voit, comme tu le montres avec l’exemple des articles récents sur les “intégristes”, que la revalorisation du poste est d’actualité. Quelles compétences avons-nous aujourd’hui et combien doit-on les vendre ? J’ai l’impression d’une transition du poste en ce moment, mais en même temps est-ce cela n’a pas toujours été le cas en front ?

    Pour conclure aussi, je pense comme toi qu’on n’est pas trop mal lotis MAIS que sur le marché notre poste vaut plus et ne sous-estimons pas nos compétences ! Surtout que, comme tu l’as dit, à Paris les loyers et la vie sont chers et je pense qu’il reste de la marge. Bref j’ai l’impression de me répéter 😀

    Bon article, merci !

    #7 par kazes

    27 Sep. 2012 à 10h40

  • De mon côté et pour parler seulement évolution salariale, j’ai commencé dans une “grande agence parisienne” en 2007 comme “monteur” pour une salaire annuel de 21k. Je n’avais aucune vrai expérience à l’époque, j’avais 21 ans et oui, c’était bien la même agence ou tu as débuté, comme quoi la RH du moment appliquait un barème très simpliste.

    Ma première augmentation s’est produite 2 ans plus tard sous couvert d’une promotion (seul moyen de faire valider l’augmentation) au poste de chef de projet technique junior. Je l’ai très mal vécu dans le sens ou même si je n’ai que très légèrement effleuré le sujet, j’ai su que j’étais fait pour coder, un point c’est tout. Mon salaire annuel passa à 28k.

    L’année suivante augmentation générale : 32k, changement d’intitulé du poste : intégrateur HTML. Le retour officiel au code, joie.

    Histoire de coller encore plus à ton article, très récemment, afin de mettre à jour nos conditions de travail (formations, matériel, salaire, etc.) j’ai posé ma démission. Résultat : nouvelle station de travail, formation prévues à partir de la fin du moi et un salaire passé à 40k/ans. On nous appelle maintenant Développeur front-office (et d’autres noms d’oiseaux pour avoir volé la caisse de l’agence).

    #8 par enwin

    27 Sep. 2012 à 10h45

  • Actuellement en CDI dans ce qui ressemble à une start-up, je cherche activement à travailler ailleurs, aussi pas de tabou pour moi sur le salaire, mais ds le “jeu de la négo de salaire” je préfère laisser mon com’ en anonyme dès fois que mon futur employeur fasse de petites recherches internet et voit que j’ai un peu pipoté sur ce que je j’étais payé. Bref. J’ai 30 printemps, mon profil est Webdesigner / Intégrateur, et après 5 ans passés dans la boîte qui m’avait accueilli en contrat pro (et gardé), je touche 26 K€/mois. Ouais ça craint. Et dur de re-négocier, voir impossible. Pour avoir commencé des entretiens et vu les salaires proposés ailleurs (des bonds jusqu’à 10K€ ou + parfois), je rejoins à 100% ta phrase Christophe “la meilleure façon d’être augmenté dans sa boîte, c’est encore d’en changer”. Et je me dis que j’aurais du me secouer avant, même si je n’ai pas de regret par rapport à ça. Merci pour ce super article :).

    #9 par Anne Onyme

    27 Sep. 2012 à 10h58

  • Si vous voulez augmenter votre salaire en frontend dev (et aussi rendre intéressant votre job ;)), voici les points importants à mon sens :

    • Compréhension de ce qui se passe en backend (être ex backend, ca a un vrai plus)
    • Expertise JS (sans jQuery évidemment, et savoir faire du backbone, emberjs, nodejs entre autres)
    • Connaître les subtilités des navigateurs (faire du crossbrowser)
    • Connaître HTTP et ses headers (cache http)
    • Savoir mettre en place des outils pour améliorer sa production (grunt, yeoman, sass, compass, less, …)
    • Connaître les dernières nouveautés HTML 5 / CSS 3
    • Faire du webperf (compression d’images, limitation des requêtes http, …)
    • Git (allez, mercurial ou baazar)
    • Faire un peu de webdesign
    • UX/UI

    Je dois sûrement en oublier mais avec ça déjà, vous avez pas mal de points à aborder pour vous démarquer.

    #10 par _kud

    27 Sep. 2012 à 11h01

  • Très bon article, personnellement je suis à 15k brut… Mais je suis en contrat de professionnalisation ! Mon post varie selon l’humeur de mon “boss”, de webdesigner à intégrateur en passant par graphiste, mais une grande partie de mon travaille consiste à de l’intégration ainsi que du développement front-end. Merci pour vos retours ça permet de savoir où se positionner une fois que j’aurais terminé ma formation.

    #11 par jds

    27 Sep. 2012 à 11h09

  • Sensiblement le même parcours (sur le début en tout cas) pour moi aussi, à Paris aussi. Et t’as bien raison quand tu dis que c’est un “problème de riche”, mais force est constater que plus le temps passe plus on attends des frontend dev/intégrateurs (barrez la mention redondante) des compétences diverses et variées sans pour autant revoir à la hausse l’échelle de salaire. Et j’insiste sur le “diverses” parce que savoir toucher du ‘toshop, avoir des notions d’ergo et/ou accessibilité, savoir coder bien en HTML/CSS/JS et y ajouter des notions backend pour travailler au mieux avec nos collègues ET ne pas être au moins au même niveau salarial qu’un dev backend c’est frustrant (j’ai déjà eu 10-15k€ de différence avec un dev avec autant d’expérience que moi). Ça laisse implicitement la notion que le backend est plus important que le frontend et on est d’accord, j’imagine, que non, ce n’est pas le cas. Les deux sont complémentaires et à égale importance au moins.

    Je me rappelle d’une époque où on disait que le front c’était que des wannabe back qui avait pas le niveau pour l’être. Que l’intégration c’était les miettes d’un développement de site qu’on donnait aux pigeons d’inté, parce que c’était chiant à faire pour un back.

    Aujourd’hui, je pense que si les back ne font pas l’intégration ce n’est pas parce que c’est chiant, que c’est une tâche basse. C’est juste qu’il ne savent pas le faire. Et c’est bien normal, ce n’est pas leur métier, mais c’est un vrai métier à part entière tout de même. Que dis-je, c’est un vrai savoir-faire digne des plus nobles artisans. 😀

    #12 par GoOz

    27 Sep. 2012 à 11h09

  • Salut, Voici mon expérience en province, dans la Drôme (Rhône-Alpes). J’ai trouvé mon premier job à la sortie de mes études, à l’age de 21 ans dans un Groupe qui fait du packaging de luxe. Salaire brut : 19800/ans, une misère mais j’avais droit à la mutuelle, les tickets restaurants, la prime d’intéréssement et de participation (avec les primes, on peut arrondir à 23000/ans). Le problème d’être chez un gros Groupe, c’est qu’ils ont leur outils (complètement inadaptés au web), et que tu dois te plier aux directives parfois incompréhensibles du commités de direction. Au bout d’un an, j’ai demandé une augmentation (29k/ans), je suis plutôt satisfait mais le vrai problème reste la technicité et l’évolution de mes compétences web au sein de cette entreprise. Je pense rester encore quelques temps pour finir les projets en cours mais je vais migrer dans une grande ville pour gagner en compétence quite à perdre un peu de salaire.

    #13 par Benjamin

    27 Sep. 2012 à 11h10

  • ” la meilleure façon d’être augmenté dans sa boîte, c’est encore d’en changer” : oui je crois que je suis d’accord avec toi. Je pense que le problème c’est que lorsque l’on est dans une entreprise une augmentation doit se mériter (du point de vue de l’employeur : pourquoi l’augmenter ? Qu’est-ce que je vais bien y gagner ? Et puis il a signé pour son salaire actuel !) alors qu’elle parait logique (du point de vue de l’employé : je gagne en connaissance, en performance, en vitesse d’exécution, et en propreté du code). Alors que dans une nouvelle entreprise on voit/estime l’expérience (connaissance, performance, propreté du code). Si je pouvais comparer c’est un peu comme des parents qui ne remarquent pas que leurs enfants grandissent.

    #14 par rivsc

    27 Sep. 2012 à 11h29

  • Plus que d’acquérir des connaissances, le fait de se démarquer est le plus important, dans ce que dit @_kud, à mon avis. Dans quelle mesure les compétences techniques font notre salaire ? Nous connaissons tous des personnes compétentes mal payées, (cf les débutants qui s’expriment dans les commentaires - certes avoir une première expérience est très importante, mais attention à ne pas se brader trop longtemps ). Idem des personnes incompétentes mieux payés, y’en a des tas. Dans le Front-end vous avez la chance de faire des choses présentables par rapport au Back-end, et il est impossible de s’en priver au moment de se vendre. Mais il faut quand même garder à l’esprit que pour bien “se vendre” (terminologie horrible et fausse, au passage) il faut aussi les compétences de verbaliser ce que l’on fait (ce qui se conçoit bien, s’énonce bien) et des compétences sociales (avoir un réseau) J’adorerais bien travailler mes compétences (techniques, sociales, verbales) pour faire enfin parti des contre-exemples de @stpo à 5000€. Mais le problème, c’est que je n’ai pas le temps, j’ai un travail :/ Ah vous aussi ? Les contre-exemples aussi ? Je devrais prendre du temps au travail pour augmenter ces compétences alors ? La réponse est : Oui, mille fois oui.

    #15 par Cédric

    27 Sep. 2012 à 11h32

  • Un DFO senior (ça fait encore plus classe que “développeur front-end”) peut facilement se faire embaucher en agence parisienne à 45-50k aujourd’hui, s’il remplit les conditions de la liste de _kud, que je tempèrerais comme suit :
    - pas nécessairement “expert” JS, mais confirmé
    - n’a pas vraiment besoin de “faire” de l’UX/UI, mais doit absolument comprendre et souscrire à ces problématiques

    Et surtout, ce que beaucoup oublient :
    - savoir communiquer facilement sur son métier auprès de ses collègues en étant capable d’expliquer et d’échanger avec des profils divers : créatifs, devs backend, commerciaux, clients ;
    - être force de conseil dans un projet, c.a.d élever la qualité du résultat par ses idées et ses connaissances, pas le brider ;
    - être capable d’écrire de la documentation claire et organiser la partie front s’il doit transmettre ses prototypes à des prestataires (ce qui arrive de plus en plus souvent) ;
    - être capable d’encadrer, de contrôler et d’éduquer des intégrateurs plus juniors.

    Ça fait peut-être beaucoup, mais comme je radote souvent, un senior ce n’est pas seulement quelqu’un qui a de l’expérience sur son métier. Un senior c’est quelqu’un qui sait travailler avec tous les autres profils projets, et qui comprend (et s’insère dans) la stratégie globale de son entreprise.

    #16 par Samuel Latchman

    27 Sep. 2012 à 11h41

  • Arg, si j’avais lu cet article avant de signer mon contrat! Enfin, donnons notre exemple :
    -Toute fraîche sortie de la fac et d’un bac+5 (ouais, ça sert pas à grand chose)
    - plusieurs stages de 3 mois plus le dernier gros de 6 mois dans une boite cool (péoléo)
    - Lille
    - on me contact. 1700€ brut par mois pour 39h.
    - Je calcule, le smic est à 1425 pour 35h, pour le même nombres d’heure, je calcule que àa me fait 1485. Guère plus.
    -Je négocie 100€ de plus. Je ne peux pas plus.
    Je me suis faite avoir?

    #17 par Sno

    27 Sep. 2012 à 12h44

  • Pour ma part je suis multidisciplinaire.

    Je suis embauché dans une PME on est cinq. je fais de tout, de l’intégration front-end(CSS,Javascript, avec ou sans framework), du développement pur et dur en Php5/Mysql5.

    Que ce soit pour concevoir une application(mobile ou pas),fournir une api à un client je touche vraiment à tout(me manque juste les compétences en administration serveur) je suis a 2000€ net/mois, pour un premier CDI.

    Je pense que ca depend surtout de la mentalité de l’entreprise dans laquelle on se trouvent. Et le gros problème aujourd’hui réside aussi dans le fait que les RH qui font les recrutements demandent des compétences WTF et propose un salaire de misère.Il faut tout savoir faire pour presque un smic, et c’est bien dommage..

    #18 par Rigal Célian

    27 Sep. 2012 à 12h59

  • C’est toujours délicat d’annoncer publiquement son salaire. En grande partie pour ne pas foutre la merde avec les collègues ou plus simplement pour ne pas se dégoûter soi-même… Perso, je ne suis pas trop bloqué sur le sujet si on me pose directement la question, mais je fais gaffe quand même…

    Je rejoins Samuel lorsqu’il parle d’expertise : j’ai réellement senti un tournant dans ma carrière quand j’ai enfin compris comment communiquer sur mon savoir-faire. C’est un travail de tous les jours pas toujours facile, mais c’est concluant. J’encourage tout le monde à suivre ses conseils, plutôt que de ruminer plus ou moins dans son coin.

    Encore faut-il être dans une entreprise où l’on se sent bien et où les choses ne vont pas toujours dans le même sens. C’est certes assez difficile à trouver (mais possible !). Le salaire c’est important, mais ça ne fait pas tout ! (Mais c’est important !)

    Un peu moins d’accord avec _kud qui (à mes yeux) dresse là une liste de compétences faramineuses, ce qui est grandement critiquée lorsqu’il s’agit d’une offre d’emploi. Voir à ce sujet le dernier billet chez les intégristes. (Mais si vous savez combiner toute cette expertise, grand bien vous fasse, vous ne devriez avoir aucun mal à trouver un poste et un salaire à votre mesure !)

    Un point sur lequel je me reconnais un peu aussi, Christophe : le futur un peu bouché passé un certain moment. Pas facile d’évoluer sans passer au management dans nos contrées et c’est bien dommage. La majorité des gens de la profession sont assez jeunes, à quel salaire pourront-ils prétendre dans 10 ou 20 ans ?

    #19 par Vincent

    27 Sep. 2012 à 13h44

  • Pour ma part je suis en free depuis 5 ans en dev front sur Paris eh bah c’est juste la vie de rêve. J’ai petit à petit réussi à m’émanciper de tout intermédiaire (agences, agents, SSII) pour finalement ne travailler qu’avec les annonceurs où tout y est plus agréable. Les délais, la pression, la rémunération… Enfin bref évidemment c’est le genre de mission rêvées et il est plus difficile de les trouver surtout quand on débute en freelance.

    Aussi je voudrais dire à ceux que le freelance tente (pour plein de raisons) que c’est effectivement hard au début mais que ça en vaut vraiment la peine. Chaque mission vous challengera et vous serez obligé de repousser vos limites, si bien que vos compétences augmenteront presqu’à chaque fois de manière vertigineuse.

    A si y a un truc que je trouve horrible en free… la comptabilité… heu là y a pas de secret : prenez un comptable !

    #20 par Julien Knebel

    27 Sep. 2012 à 13h47

  • Autopromo, et j’ai même pas honte :

    Je me suis fait une “liste” de trucs à apprendre suite au commentaire de _kud et à cet article… Si jamais y’en a d’autres qui voudraient se former et aller plus loin, j’ai trouvé de resources pour apprendre un peu de tout : http://gist.io/3793189

    #21 par Justin Marsan

    27 Sep. 2012 à 13h49

  • Attention, je n’ai pas dit que la liste que je viens de donner était une obligation et était indissociable. Ce sont juste des pistes pour se démarquer ou/et rendre (plus) intéressant son job.

    #22 par _kud

    27 Sep. 2012 à 14h02

  • Même si je reconnais un peu une vague tendance “se plaindre tous en rond”, je crois quand même que la fréquence de ce type d’article peut servir, à force, à faire comprendre (alors que ce n’est pas encore complètement acquis) que le front n’est pas un produit secondaire du back.

    C’est donc de toute façon salutaire de discuter encore et encore de ces sujets.

    #23 par stef

    27 Sep. 2012 à 14h43

  • Juste un témoignage, brutal, rapide et discret 🙂

    Je suis en province, en SSII, 32 ans. J’ai les compétences de la liste de @_kud plus quelques bricoles (+design, ++ergo, et je fais encore du back, hum). Je suis à presque à 38k. Au vu des autres commentaires, c’est pas nul, mais peut mieux faire…

    Courage camarades ! 🙂

    #24 par kobold

    27 Sep. 2012 à 14h47

  • Excellent billet qui exilique bien la situation.

    Le boulot d’intégration après avoir été largement surestimé au moment de la bulle a dégringolé ensuite au bas de l’échelle dans l’organisation des agences web.

    J’ai commencé par faire intégrateur (CDD 5 semaines) en 2002 au smic. Mon excellente productivité (5 semaines qui m’ont semblé 5 mois) et qualité de rendu a été récompensée par toujours plus de taf, promesses de CDD ponctuels et 50 Euros de bons d’achat \o/. Remarque, l’agence tournant avec un bon tiers de stagiaires, je pouvais déjà m’estimer heureux d’avoir un salaire…

    Je rebondis direct sur un poste d’intégrateur/développeur à ~1500 nets. L’agence était sympa mais la qualité d’ensemble était d’une telle médiocrité que j’en ai vraiment déprimé. Par exemple, la présentation de l’utilité des css (nous sommes en 2002-2003) avait, malgré une certaine diplomatie, jeté un froid. Et puis surtout la SEO, crado et contre-productive, externalisée à des charlatans sur lesquels nous percevions notre part - sur le dos et contre l’intérêt du client - et c’était “très bien comme ça”, m’a vraiment écœuré.

    Bref j’ai rebondi et suis devenu chef de projet web dans une institution, où j’ai pu autant faire appel à des prestations qu’intégrer moi-même de temps en temps, non sans plaisir. Au passage, je suis même passé par la case enseignant html/css en parallèle.

    Le problème est venu quand il a fallu obtenir de l’intégration de haute qualité. L’agence web avec laquelle notre boîte collaborait et qui nous s’imposait de fait à nous, n’était pas au niveau. D’une part ils n’avaient pas réussi à intégrer une mise en page assez complexe et d’autre part le code fourni était potable mais bien en-dessous de nos exigences sur ce projet. L’agence a peu déraillé sur le coup. Un premier intégrateur débutant, mais surtout manquant cruellement de compétences et de savoir-faire, a pris l’eau direct et a été vite remplacé. L’autre intégrateur, muli-fonctions (bon flasheur) avec vraisemblablement un salaire assez bas, a eu aussi eu bien du mal et au final il a fallu tout reprendre en interne (bibi, quoi).

    Sur un autre projet où j’interviens de loin, il y a 2 ans, une autre agence. L’agence rend une intégration convenable mais s’embrouille complètement sur les questions d’accessibilité, de référencement, de contenus dupliqués, ignorant même la notion de javascript non bloquant - ce qui m’étonne encore. Il a fallu intervenir pour leur expliquer que, non, dupliquer des pages pour une visionneuse n’était pas une bonne idée et ne favorisait ni l’accessibilité ni le référencement /o\.

    Tu soulèves bien le problème de la déconsidération du boulot d’intégrateur en agence web, avec sa conséquence une prestation globalement passable. Une expertise en intégration n’est pas reconnue, pas tant parce que l’intégration est mal appréciée mais en raison d’un schéma d’organisation, où le poste l’emporte sur la compétence, et du processus d’évolution de carrières. C’est dommage parce qu’une bonne intégration, que certaines agences savent aussi fournir, être plus qu’appréciable.

    Sur mes deux dernières prestations d’intégration, j’ai osé cassé les habitudes et comme je recherchais du très bon niveau d’intégration (pour des gabarits) j’ai fait appel à des freelance. Les 2 ont super bien bossé et la deuxième m’a vraiment épaté. Et surtout là où avec une agence le cahier des charges devait spécifier en détails les attentes, pour ces free-lance c’est bien plus simple. Je n’ai pas eu besoin de leur demander du code propre, avec une bonne sémantique, allégé, … ils le faisaient, mieux que nous le demandions. Le tout pour des tarifs plutôt similaires aux agences (voire un plus bas). Précisons que le tarif n’a toujours été qu’un critère de choix parmi d’autres et que les références, facilement vérifiables, importent bien plus à mes yeux. D’ailleurs ce n’est jamais le moins-disant qui a été choisi. Et sur cette pente on tombe vraiment dans l’indigne avec certains plateformes de marchés freelance.

    Ainsi ce que tu écris corrobore mes impressions, c’est dans le free-lance que l’on trouve aujourd’hui en France l’essentiel des meilleurs intégrateurs.

    #25 par Benoît

    27 Sep. 2012 à 14h53

  • 9 said : “je touche 26 K€/mois. Ouais ça craint”

    Non, ça va, ça craint pas tant que ça, par mois. ;D

    #26 par Olivier

    27 Sep. 2012 à 15h09

  • D’accord pour dire que jamais personne ne s’estimera assez payé, et qu’on n’a que des problèmes de riches 🙂 Mais enfin pour la postérité, et pour éviter à d’autres de galérer comme on l’a tous fait pour annoncer un salaire ou un TJM

    j’ai commencé en 2000, à 21 ans :
    - webmaster dans le sud-est à 7000 Francs net / mois (ben oué des francs)
    - 2001, dev PHP, à 180KF brut / an + 15% de prime, et 10% d’augmentation au bout de 2 ans
    - 2005, intégrateur / javascripteur chez Yahoo! à 38K€ brut au début, 52K€ à la fin
    - 2008, lead tech front / PHP dans une startup, je suis redescendu à 50K€ pour du télétravail sur un produit auquel j’ai cru
    - 2011, la boite coule, je me retrouve avec un profil qui ne cadre pas du tout avec les grilles de salaire des SSII
    - depuis, je suis en freelance à 650 de TJM (quand la mission est longue), moins pour du pur dev que pour du conseil / expertise et formation. Je n’ai pratiquement pas de jours chômés et on m’a déjà dit que je me faisais avoir à ce tarif là…

    Honnêtement les niveaux de revenus sont très particuliers dans le Web français :
    - je me suis entendu reprocher de ne pas avoir de diplôme d’ingé, comme si ça signifiait quelque chose après 5 ou 10 ans de travail
    - on m’a déjà dit que je ne pouvais pas être payé plus que mon chef
    - on m’a déjà expliqué que les processus d’achat des
    - 5 ou 10 ans d’expérience en PHP, c’est le même tarif pour les SSII (450 de TJM)
    - en discutant avec des devs ou des consultants dans d’autres technos, on se rend compte que les salaires de senior vont jusqu’à 70-80K€, 120 pour certains, ou alors des TJM de 800-1500€ / jour … Bref on paye le fait que le Web soit facile d’accès

    Avec le temps je n’ai trouvé à peu près aucune logique dans les niveaux de salaire :
    - on bosse physiquement moins que des ouvriers du bâtiment, mais on est mieux payés,
    - intellectuellement, c’est pas moins compliqué que d’administrer une base Oracle, mais on n’a que les deux tiers du salaire
    - ma plus grosse augmentation (30% d’un coup) s’est faite uniquement parce que j’avais dit que j’avais trouvé un poste ailleurs (ce qui était vrai). L’année précédente on m’avait expliqué que des comptables aux US gelaient les salaires pour l’Europe, et l’année d’encore avant qu’on avait été à 2 doigts de me virer, donc que je pouvais être content avec 2%
    - ma 2nde plus grosse augmentation (10%) s’est faite parce que j’avais changé de chef et que lui savait bien négocier
    - j’ai vu des bons mal payés et des mauvais bien payés. J’ai aussi vu des mauvais passer chef parce qu’ils étaient mauvais techniciens, mais c’est un autre débat.

    Bref, outre l’omerta qui règne sur les salaires, il faut aussi se dire que les explications logiques que l’on vous donne pour vous refuser de l’argent sont généralement des plaisanteries (sauf dans les très petites structures où la confiance règne), et que le Web n’est franchement pas cher pour un média aussi indispensable tel qu’il l’est aujourd’hui, par rapport à d’autres secteurs de l’informatique mieux établis. Arrêtez de vous brader, ça améliorera les revenus de tout le monde, merci 🙂

    #27 par jpvincent

    27 Sep. 2012 à 15h11

  • j’ai lu la liste de kud_ et je suis pas complètement d’accord avec lui: plutôt qu’essayer de perdre du temps à vous professionnaliser sur telle ou telle techno, demandez-vous d’abord en quoi vous vous démarquez des autres. Ça peut être technique, mais aussi humain. Et c’est là-dessus qu’il faut se vendre. Dites-vous pourquoi le mec en face de vous en entretien, il pourrait avoir envie de vous.

    La réponse, en soi, est facile. Il a envie de vous si :
    - vous êtes sympa et vous vous intégrerez bien dans son équipe
    - vous êtes curieux et ça vous dérange pas de déranger vos habitudes pour apprendre des nouveaux trucs
    - vous allez réussir à apprendre des nouvelles choses
    - vous savez des choses qui pourront être utiles à l’équipe
    - il voit que vous allez vous plaire dans sa boite (et donc, vous resterez, et donc, il perdra pas du temps à vous monter en compétences)

    Finalement, les compétences techniques, c’est juste le point 3. Le reste, c’est juste du savoir-vivre, de la curiosité, et de la jugeotte. Faut juste réussir à faire passer ça au recruteur. Et plus il aura envie de vous dans sa boite, plus vous pourrez négocier un bon salaire.

    #28 par Julien W

    27 Sep. 2012 à 19h34

  • Eh bien au moins voilà un sujet qui fait réagir, ça vire à la thérapie de groupe !

    Merci à ceux qui ont pris le temps de décrire ici leur situation, de valoriser le boulot qu’ils font au quotidien, de le défendre face aux autres métiers. Il me semble aujourd’hui plus que jamais évident qu’un bon front-end est totalement incontournable pour faire du web professionnel et toutes ces réactions m’encouragent à proclamer l’ère de la bidouille des stagiaires multi-tâches définitivement derrière nous. Je crois que les entreprises et les recruteurs commencent à l’avoir compris, ce qui est rassurant.

    Désolé de ne pas répondre à tout le monde…

    @stef : Oui, je pensais effectivement à Jérémie (et d’autres). J’ai du mal à comprendre comment on peut humainement rester au taquet sur toutes ces technos et problématiques (surtout en prenant de l’âge et des marmots)… Je me considère comme plutôt bien au fait du truc mais je suis encore à des années-lumières de ça.

    @Proxy : J’ai ajouté un lien vers mon CA de freelance (attention, pas de salaire en free !). Ce n’est pas tout-à-fait comparable mais ça peut donner une idée (globalement je gagne mieux ma vie en freelance qu’en salarié).

    @_kud : Voilà des perspectives intéressantes, mais il me semble que contenir tout ceci dans un seul bonhomme est assez illusoire ! J’ai bien compris que ce n’est pas ce que tu disais, mais je préfère préciser… Je crois pour ma part à la « teinte » qu’on peut donner à son profil front (dans mon cas, orienté créa) en essayant de rester suffisamment à flots ailleurs. Bon généraliste, mais meilleur pour certains types de projets que d’autres.

    @Cédric, @Vincent : Je suis persuadé que communiquer intelligemment sur la valeur de notre boulot est la clé de la reconnaissance (et pas que financière). C’est un travail de longue haleine, mais un front mal fait ça se voit de plus en plus et on pardonne moins qu’avant sur ce point j’ai l’impression : une sémantique pourrie c’est du SEO dans les choux, des perfs merdiques c’est des visites en moins, une CSS foireuse c’est du RWD explosé, etc.

    @Samuel : J’aime beaucoup ta définition du « senior », à laquelle je souscris à 100%. Un senior n’est pas nécessairement une brute technique, mais quelqu’un qui possède le bagage et la maturité nécessaires pour tirer un projet vers le haut (et non défendre sa chapelle aveuglément). Communiquer, expliquer, arbitrer, apporter sa valeur ajoutée sans négliger celles apportées par les autres métiers.

    @Justin Marsan : Hehe, quelle réactivité !

    @Benoît : Pour ma part, je suis arrivé au moment où se côtoyaient en agence monteurs à l’ancienne (tables HTML) et intégrateurs full CSS (les pionniers, ou presque). Les premiers ont disparu très rapidement, preuve que sans veille on est professionnellement condamné (faites de la veille sur votre temps de travail !). En revanche je ne suis pas d’accord sur le fait que les meilleurs intégrateurs sont freelances (même si pour moi évidemment c’est vrai !)…

    @jpvincent : En fait c’est Yahoo! qui fausse totalement mes données, leurs salaires sont largement au-dessus du reste… vivement que ce reste les rejoigne dans les hautes sphères ! Je me retrouve bien dans ta petite liste (diplôme d’ingé hors-sujet, salaire inférieur à celui du supérieur, etc.). Par contre je crois que je n’ai pas bien compris ce que tu vendais en freelance : dev ? Formation ? Consulting ? 650€/j c’est grassouillet pour de l’inté…

    @Julien W : Totalement d’accord sur le facteur humain. J’ai vu passer en entretien pas mal de très bons profils qui n’ont pas eu les postes pour des problèmes qui n’avaient strictement rien à voir avec leur niveau technique…

    #29 par STPo

    27 Sep. 2012 à 19h54

  • Très intéressant tour d’horizon de la profession. Actif seulement depuis 2007, je n’ai pas encore écumé beaucoup de d’agences (je ne me vois pas me lancer en freelance pour le moment), mais celles dans lesquelles j’ai posé mes bagages (qui sont quand même relativement petites 5 à 20 personnes) avaient/ont comme pratique quasi systématique de recruter des profils débutants pour pourvoir à un manque de main d’oeuvre. Alors soit, il faut bien des entreprises pour donner leur chance à des petits nouveaux, on a tous eu cette chance. Mais en faire une méthode de recrutement car le manque d’expérience est souvent compensé par une sur-motivation de faire ses preuves et un rapide apprentissage des méthodes de travail de la boite car on n’en connait pas encore d’autres, sans oublier le facteur numéro un, un salaire tiré honteusement à la baisse, car on dit ‘oui amen’ à la première offre qui se présente en sortant de l’école… Je suis persuadé que ça a tendance à tirer l’ensemble des salaires de la boite vers le bas. D’autant que ça n’augmente quasiment pas, puisque des que ces petits jeunes ont assez d’expérience, ils n’hésitent pas à faire jouer la concurrence et sur une base bien plus importante qu’une simple augmentation. D’où une double perte pour la boite, devoir retrouver quelqu’un et le reformer… Bien souvent ces boites ont une vision à bien trop court terme ou sont trop frileuses d’investir dans le capital humain. Bref pour ma part, c’est article me donne l’occasion de refaire un petit bilan de mon évolution salariale, et je suis passé de 18k€ à 28k€ en mois de 5 ans, ce qui fait une assez bonne évolution, mais à mettre en perspective avec un départ quand même très bas (malgré que ce fût en région parisienne) et maintenant je suis dans le nord. Et ce n’est pas forcément le fait de changer de boite qui m’a apporté les plus grosses augmentation, mais plutôt des augmentations régulières. Ce qui m’inquiète c’est jusqu’à quand cette courbe gardera la même inclinaison. Une chose qu’on m’a apprise et que j’ai observé, en plus de toutes les compétences qu’on peut acquérir et du capital sympathie qu’on peut dégager, il faut savoir se rendre indispensable dans le poste qu’on occupe, pas toujours simple au niveau du front, mais pas infaisable avec une bonne veille et de la réactivité. J’aime beaucoup la conclusion de @Vincent, ” La majorité des gens de la profession sont assez jeunes, à quel salaire pourront-ils prétendre dans 10 ou 20 ans ?” ça laisse songeur… 🙂

    #30 par Virtuousquare

    27 Sep. 2012 à 20h41

  • Bonjour, article très intéressant, pour ma part j’ai fait un BTS en alternance en Gironde, puis j’ai ensuite été contacté directement par des agences pour me proposer du travail avant l’obtention de mon diplôme.

    Pour faire mon choix je dois avouer que j’ai commencé par regarder le salaire, mais avec du recul je me suis aperçu (à temps) que le salaire c’était important (ne pas se sous estimer), mais le cadre, la qualité des missions et le poste était aussi à prendre en considération. Ainsi, mon diplôme en poche, des années de bidouillages et d’auto apprentissages derrières, j’ai accepté une offre dans une agence de la communauté urbaine de Bordeaux. Cette agence… le paradis sur terre, un patron avec le cœur sur la main, des missions intéressantes, et des collègues vraiment sympas et compétents. Le hic ? Le salaire, 1270€ nets par mois (je n’ai plus le brut en tête). J’avais un poste de développeur/intégrateur, je faisais autant de front que de back, puisque les projets étaient menés de À à Z par 2 - 3 personnes. J’ai fais de la parallaxe, de la boutique (Prestashop, Magento), de l’institutionnel, bref j’ai touché à tout. C’était une expérience vraiment enrichissante. Par contre le salaire s’est mis à poser problème quand les délais ont été raccourcis, les projets mal chiffrés et que tout ceci faisait que l’ambiance c’est un peu dégradé. C’est alors qu’une ancienne boîte qui m’avait contacté avant la fin de mon BTS m’a recontacté pour refaire une offre. Cette offre ? Un salaire correct, avec un cadre somptueux, je ne donnerai pas de lieu pour rester anonyme, bien que je pense que si mes collègues et mon employeur lisent ce post il me reconnaîtront. Maintenant je touche un peu plus de 26k€/an et je fais les mêmes tâches que dans mon ancienne boîte. La différence ? Nous ne travaillions pas pour des clients, nous développons des sites pour notre compte et ça change tout.

    Pour résumer ce passage “3615 MyLife”, je bosse en Province pour 26k€/an avec 3 ans d’expériences (réelles) et 5 ans en tout pour un poste complet. Je touche au pHp/MySQL, au HtML5/CSS3 et Javascript, sans pour autant être expert dans ces domaines. Je pense qu’il faut faire de son mieux et le faire proprement, après le reste coule tout seul.

    Pour l’anecdote, je touche plus que mon chef de projet…

    Juste un dernier pour qui me met hors de moi !!! Mr Chrsitophe Andrieu, les adresses mails de la forme “chose+truc@gmail.com” sont valides or, on me refuse l’envoi du commentaire à cause de cet utilisation de mon adresse !! Grrr… Pour la peine je mets une vieille adresse hotmail toute pourrie… (mais qui existe).

    #31 par Dominique Duponth

    27 Sep. 2012 à 21h30

  • Bien sûr que certaines agences font de l’excellente intégration comme certains freelance une intégration médiocre mais pour les raisons structurelles évoquées, la mauvaise considération de l’activité en agence conduit souvent à des prestations, hors du cms, très moyennes à ce niveau, pour ne pas dire pire. Ici sans doute tous ceux qui passent ici, en agence ou non, sont sensibles à la démarche qualité, y compris en intégration, mais le monde est grand et lors d’une mise en concurrence, j’avais été effaré par les références des réponses reçues. Cela m’avait conduit à faire de la prospective et à faire finalement appel à une freelance, pour notre bonheur. Dans le domaine de l’intégration, les freelance peuvent faire valoir une qualité pour qui la cherche et que peu d’agences web offrent ou alors à des tarifs plus élevés. D’ailleurs c’était clairement un des créneaux de la freelance avec qui nous avons travaillé et qui avait déjà intégré des gabarits destinés à s’insérer dans une chaîne de production éditoriale.

    #32 par Benoît

    27 Sep. 2012 à 21h35

  • Salutaire ce genre de billet (et la discussion qui s’en suit) ! Qu’on en finisse avec ce tabou bien français des salaires ! De côté-là, les boîtes world company avec des systèmes de grilles ont du bon à mon avis, ça coupe court aux rumeurs les plus folles et trace des perspectives pour chacun.

    Pour en revenir au web, pour vous donner ma vision de l’intégration en agence web parisienne, je dirais que les salaires naviguent entre 24/26KE pour un débutant à 40/45 pour un senior. Au-delà, à partir de 50KE, je dirais qu’il faut un profil vraiment cador et/ou spécialiste pointu d’un domaine. Comme certains l’ont souligné, les chiffres de ceux qui sont passés par Yahoo! semblent assez élevés par rapport à ce que je connais.

    Sur la question de l’évolution, c’est vrai que c’est un problème, car au bout de 10 ans dans le domaine, on peut se retrouver à tourner en rond. Je dirais que ce n’est pas spécifique au métier (qui de l’évolution d’un excellent chef de projet ? d’un maquettiste print ??) voire même au secteur (j’imagine qu’un excellent comptable a la même problématique ?). Mais je pense qu’à la limite on est plutôt peu à plaindre de ce côté-là, car le côté multi-compétences que nécessite de plus en plus ce métier permet d’évoluer vers pas mal de chemins différents : management d’équipe technique, spécialisation dans un domaine connexe (accessibilité, UX…), formateur, etc.

    Enfin, si je peux donner un conseil… bossez ! Avec les problématiques de perfs, de responsive webdesign, d’accessibilité le niveau qu’il faut atteindre maintenant pour avoir un niveau qualifié de “bon” a sensiblement augmenté. A bon entendeur…

    #33 par fastclemmy

    27 Sep. 2012 à 21h37

  • Pour faire un petit tour :

    • J’ai commencé à 26 ou 27Ke dans une petite société industrielle de province, 35h, aucune responsabilité, PHP - MySQL - HTML - CSS. C’était en 2003, ça ferait du 31Ke aujourd’hui à euros constants

    • Je suis monté dans une SSII parisienne très technos avec un poste de développeur expert junior (désolé, je ne trouve pas de meilleur terme). Là c’était essentiellement du PHP MySQL sur , mais à l’époque les mêmes dev faisaient aussi l’intégration. C’était 2004, avec quelque chose autour de 32Ke à l’époque, donc 37Ke d’aujourd’hui Mon poste a évolué au fur et à mesure. De mémoire j’ai du partir avec un salaire de 45Ke (49Ke d’aujourd’hui) mais avec une orientation consultant - formateur. Je n’étais plus vraiment développeur.

    • J’ai pris ensuite des fonctions comme développeur front-end dans une boite US à Paris. Là c’est vraiment pour faire du front-end, c’est à dire à plein temps sur HTML, CSS et Javascript, avec un peu de Perl et de PHP pour coder les template. Là bas les dev sont autonomes et vraiment responsabilisés. On était responsable de l’accessibilité, des performances, etc (si c’est “normal” aujourd’hui, ce ne l’était pas tant que ça avant). J’y suis resté deux ans, fini à quelque chose proche de 67Ke (entre 69 et 70Ke d’aujourd’hui).

    • J’ai embrayé ensuite à des postes qui n’ont plus rien de développeur. Pour information je n’ai pas tant que ça évolué en salaire. Tout simplement parce qu’avec un très bon salaire on fait plus attention à la mission et la société qu’à l’augmentation de salaire (ou parfois la diminution, ça m’est arrivé plusieurs fois).

    Je retiens :

    • La plupart des dev front ne se vendent pas, n’osent pas se vendre, ou ne savent pas se vendre. C’est flagrant sur les CV et dans les discours.

    • L’expertise pointue est essentielle mais elle ne se suffit pas. Les compétences annexes de communication, d’écrit, de mise en perspective, de relations sociales, etc. sont finalement largement aussi importantes.

    • À chaque fois c’est le changement de société qui a permis le réel changement de salaire

    • À chaque fois ce sont les compétences, connaissances et expériences acquises et mises en pratique côté perso / communauté qui ont joué, et non celles mises en pratique ou acquises en environnement pro. Je comprends tout à fait ceux qui veulent une claire séparation pro/privé, mais vous savez à quoi vous en tenir.

    • C’est d’ailleurs en relation avec le point précédent : Tenez-vous à jour, participez à des événements, des projets, ne vous contentez pas à de vos 35 heures sur place.

    • Il y a(vait) un seuil très visible. À 500 €/j vous êtes trop chers. À 8000 €/j vous n’êtes pas cher. Difficile de se vendre entre les deux. À vous de voir si vous voulez vous vendre comme un dev d’exécution ou comme un consultant expert.

    • Pas tout à fait en rapport mais important à préciser : Travailler pour une société finale et pas un prestataire de service change totalement le métier et la motivation. Faire du service enrichit beaucoup en terme d’expérience (mais rarement en terme d’avance technologique), mais n’y restez pas trop non plus.

    • N’hésitez pas à abandonner cette vision pourrie qui incite à passer chef ou manager. L’important n’est pas votre position dans la hiérarchie mais ce que vous apportez à l’extérieur et ce que l’extérieur vous apporte.

    #34 par Edas

    28 Sep. 2012 à 11h16

  • Pour réagir à la dernière remarque d’Eric, c’est d’autant plus vrai que dans pas mal de boîtes parisiennes, les chef (de projet) ou autres managers sont moins bien payés que les dévs.

    #35 par Mr Peer

    28 Sep. 2012 à 14h08

  • Bon. Je le dis une dernière fois. Cette liste est une piste de travail pour pouvoir prétendre à un salaire plus important qu’un simple intégrateur (maquette psd -> html / css). Elle n’est ni complète, ni obligatoire et elle est purement basée sur la technique.

    Il est évident que la sociabilisation, la sympathie, la flexibilité, l’aisance à travailler en équipe ou/et de manière autonome, savoir anticipé, proposer des idées / solutions sont des points tout aussi intéressants et importants.

    #36 par _kud

    28 Sep. 2012 à 16h37

  • Et je pense qu’être généraliste n’aide pas à obtenir un vrai bon salaire. Je parle à titre de vécu. Tu es bon partout mais expert en rien. Et c’est pourtant l’expertise qui paye, qui te démarque des autres; tu sais de quoi tu parles, tu n’es plus un technicien / ouvrier qui ne fait que traduire une idée (maquette ?) en format web, tu vas au delà de ça.

    Cela marche peut-être quand tu es en freelance, être capable de faire de bout en bout un projet ou peut-être en agence / ssii; mais ce sont des formats qui ne me conviennent pas personnnellement, c’est un choix.

    #37 par _kud

    28 Sep. 2012 à 17h20

  • Honnêtement, j’ai plutôt élargi mon panel de compétences, mais pas forcément approfondi là où il fallait. Je gagne moins aujourd’hui qu’à mes débuts. Oui. Expérience acquise, j’ai même travaillé dans le monde du luxe, encadrement, …

    Et pourtant, les offres il y en a quelques unes qui sont venues à moi, mais qui n’ont pas abouti. Pourquoi ? Je n’ai pas la réponse a chaque refus. Soit j’ai pas LA compétence qu’ils recherchent même si j’ai un profil généraliste. Soit c’est parce que je suis une femme et accessoirement maman, donc je peux pas être aussi flexible que ça dans les horaires, les salaires proposés ne me le permettent pas, notamment en région parisienne. Soit, n’ayons pas peur des mots, les recruteurs ont peur des handicapés, ou arrivent pas mentalement à les payer comme leurs pairs professionnels. Dommage…

    Après, j’ai peut-être raté quelque chose, ou qu’il faut que je change de domaine, mais ça m’ennuie parce que j’aime ce que j’ai choisi.

    #38 par Cyberbaloo

    28 Sep. 2012 à 17h38

  • Tiens, un point à ajouter pour ceux qui font du service : Il est important de savoir combien vous êtes vendus. Si votre salaire net est de moins d’un tiers de ce chiffre (hors taxes) alors vous avez un très bon argument pour discuter avec votre hiérarchie.

    #39 par Eric

    28 Sep. 2012 à 17h50

  • @Dominique Duponth : Haha, j’ai corrigé mon expression régulière pour l’email… J’ignorais qu’on pouvait mettre des « + » dans son adresse.

    @Edas : Merci pour ce retour détaillé, je comprends mieux tes chiffres. « Expert junior », je la ressortirai ! (Ah, et j’ai agrandi la taille de texte pour les coms sur mobile…)

    @_kud : En fait j’insiste (un peu) sur la notion de « bon généraliste » parce que je vois arriver sur le marché des gamins qui défoncent en CSS ou en JS mais qui font un mark-up atroce, sans aucune notion de sémantique ou d’accessibilité : il me semble qu’ils ont sauté une étape cruciale en se spécialisant avant de connaître les bases du métier (ou alors ils sont très mal formés). Sur la polyvalence (ou pas) des freelances, je dirais que tout existe (et fonctionne), il faut juste aimer ce qu’on vend et accepter de le vendre moins cher si ce n’est pas une expertise pointue. Une affaire de positionnement professionnel en somme…

    @Cyberbaloo : À mon sens il n’est jamais trop tard pour se re-spécialiser, même s’il est vrai qu’on engrange rapidement du retard dans nos métiers. Et pour le problème du racisme anti-femmes, anti-mères et anti-handicapés, j’ai envie de dire qu’hélas il n’est pas spécifique aux professions du web…

    #40 par STPo

    28 Sep. 2012 à 17h56

  • “Encore dernièrement j’ai vu passer des offres d’emploi front-end d’entreprises dont les RH, devant la difficulté rencontrée à recruter les bons profils, ont fini par se résoudre à ajouter 10k€ (dix !) à l’enveloppe salariale prévue initialement… Comme quoi ça vaut le coup de se battre et de ne pas brader son expertise.”

    Sur ce coup là, je me permets humblement de corriger l’auteur étant, je le sais, la personne concernée, … Si j’ai négocié 10k sur le salaire pour l’intégrateur que nous recrutons, ce n’est pas tant face à une difficulté que par respect pour votre profession.

    L’essence même de cet article est la méconnaissance de la valeur salariale d’un intégrateur, en trouver qui sont prêts à se brader, ça se fait.

    C’est juste que pour toutes les connaissances que vous avez et cette capacité d’implication que j’ai reconnu chez tous les intégrateurs que j’ai pu croiser dans ma (courte) carrière de RH, j’estime qu’il faut vous rémunérer décemment.

    #41 par Diane

    3 Oct. 2012 à 19h26

  • D’accord Diane, je reconnais que j’avais interprété différemment notre échange, je corrige !

    #42 par STPo

    4 Oct. 2012 à 14h25

  • Entendu y’a 5min pendant un débat enflammé avec mon directeur technique: “tfacon un integrateur ça sert à rien, ça pourra jamais faire le taf d’un dev alors que le dev avec les derniers outils sortis il pourra faire le même taf en html5/cc3/js avec l’aide d’un wysiwyg, il codera mieu en js et osef du référencement, de l’accessibilité, des perfs et de ie6,7,8 si le client veut absolument une compatibilité avec ces dinosaures, on le fait pas ce projet, j’ai 20 ans de + d’expérience dans mon métier, tu vas pas me l’apprendre”

    Il est temps que je change de boite moi…

    #43 par Chrisis

    9 Oct. 2012 à 11h51

  • Mais parlons en Chrisis 😀

    #44 par Diane

    10 Oct. 2012 à 16h13

  • STPo : “J’ignorais qu’on pouvait mettre des « + » dans son adresse.” Moi aussi. Ceci dit, si l’on veut écrire des regex passoires pour permettre ça… : http://www.expreg.com/expreg_article.php?art=verifmail

    #45 par Olivier C

    29 Oct. 2012 à 03h06

  • Pourquoi écrire une regex pour vérifier les emails en Php ?

    http://php.net/filter_var

    http://www.php.net/manual/fr/filter.filters.validate.php

    #46 par Justin

    4 Nov. 2012 à 15h20

  • @Justin Qui a parlé de PHP ?

    #47 par STPo

    5 Nov. 2012 à 10h18

  • STPo : “Qui a parlé de PHP ?” Heu… je pense qu’il s’agit de moi. Et c’était bien mon propos en effet (dans mon post précédent).

    Mais puisqu’on en parle, j’en profite pour vous donner ma position (pour avoir éventuellement vos réactions) : à part PHP je ne vois pas comment on pourrait filtrer de manière sûre les champs. Les inputs html5 (mail, tel, etc), je les utilise sur mes formulaires, mais il ne sont en aucun cas une protection efficace, tout au plus équivalent à une couche javascript ; autant dire, rien. Et puis les messages d’erreurs qu’ils délivrent en standard ne sont pas très explicites. Du coup, toutes les regex que je portais auparavant sur les attributs pattern ont été reportées en condition PHP, d’abord par sécurité, et puis afin de pouvoir délivrer un message personnalisé en retour.

    @ Justin : merci pour l’info (FILTER_VALIDATE_EMAIL), je ne connaissais pas, je testerais à l’occasion.

    #48 par Olivier C

    22 Nov. 2012 à 00h55

  • @Olivier C : Oui, oui, tous les contrôles front-end ne dispensent surtout pas du contrôle back-end, tout doit toujours être systématiquement doublé. Concernant HTML5, les messages d’erreur non personnalisables sont encore trop bloquants en effet, c’est pourquoi j’ai pris le parti pour l’instant de désactiver cette forme de contrôle côté client à l’aide de l’attribut novalidate.

    #49 par STPo

    22 Nov. 2012 à 09h58

  • Salut salut :). Très intéressant comme article. En tant que consultant extra-terrestre, je me manifeste :D.

    Donc pour faire court, je sors d’un master en informatique généralisée et je me suis spécialisé dans le front-end development & webdesign. J’ai 2 ans d’exp et mon salaire en tant que consultant est de 36k + primes = 40k, un peu dans ce style là :

    http://www.journaldunet.com/developpeur/algo-methodes/salaire-du-developpeur-web/salaire-moyen-d-un-developpeur-html-css.shtml

    Je pense me spécialiser par la suite dans le dark deep javascript : frameworks, webgl et tout le tointoin. J’ai choisi le consulting pour fouiner un petit peu partout avant de me poser pendant 20 ans dans la même entreprise parce que de moi-même j’aurais trop la flemme de bouger :p.

    #50 par Babibel

    27 Nov. 2012 à 18h37

  • Je prends le fil bien en retard, mais je constate, comme systématiquement, que lorsqu’on parle revenus on ne parle jamais de temps de travail, ce qui est proprement absurde.

    Au final, je gagne entre 1400 et 2000€ net/mois (province)… pour 35h de travail grand max par semaine, dans la détente absolue, sans pression, sans patron qui bave sur le cours de son action (mais un DG motivé les projets de son assoc), des WE loisirs et pas boulot, je m’occupe de mon fils, je joue sur mon PC, etc. Être guru JS, HTML5, PHP/Ruby/Python/Java, Apache, SQL/NoSQL et tout ce que vous voulez en même temps, c’est 1/impossible 2/quand ça l’est - très - vaguement, ça implique d’être un parfait nolife.

    PS : et ça me scotche de voir que certaines personnes qualifiées ne savent pas qu’on plus plusser les adresses mail ! Et d’en connaitre l’utilité. Encore nombreux sont les sites tous zolis tout plein mais pas foutus de prendre les adresses plussées.

    #51 par BenM

    20 Mar. 2013 à 10h56

  • Bien non… comme tu le dis, c’est impossible de tout savoir.

    Mais merci pour le tuyau, je vais pouvoir savoir un peu plus maintenant comment mon adresse est utilisée lorsque je l’utilise pour une inscription.

    #52 par Eric

    27 Mar. 2013 à 21h47

  • Pour info, sachez que l’agence web Axecibles recrute en ce moment des développeurs web sur Lille. http://recrutement.axecibles.com/video-recrutement.php

    #53 par Etienne

    29 Août 2013 à 08h05

  • Salut, je tombe par hasard sur ce vieux poste qui bouscule un peu. Je vais te dire : “Intégrateur HTML” ca n’existe pas tout dépend que tu sois en 2006 ou 2012….

    En fait, pour de nombreuses entreprises, de nombreux métiers n’existent pas en informatique, jusqu’a qu’ils soient reconnus, c’est à dire : quand tout le monde en parle, en particulier pour le web, qui reste du front-end en constant renouvellement (je ne sais pas si t’as connu netscape, gopher, et les newsgroups)

    Tu fais l’erreur (juste un conseil) d’écrire “autres nouveautés futuristes”. Rien n’est futuriste, c’est juste un pied au sol, et l’autre dans l’eau. Il faut constamment rester éveillé sur les nouvelles technologies qui en passionnent d’autres et qui font aussi leur chemin. C’est comme ca que ca marche. C’est comme ca que de nouveaux métiers se développent. C’est comme ca que PHP est aujourd’hui très prisé.

    Le responsive design n’est juste qu’une transition bâtarde pour ce que de nombreuses entreprises recherchent : déployer en multi-tenant, et s’il le faut, aussi sur la télé…. On parle de responsive design, mais l’on sait tous qu’il a aussi sa cuisine interne pour maintenir le multisizing, etc… avec des outils que l’on collecte ci et là, parce qu’il n’existe pas vraiment de plateformes de développement qui facilite encore cette magie. Alors on appelle des “experts”, ni plus ni moins que des gens qui ont un peu d’expériences sur la chose, mais ca ne veut pas dire que leurs métiers tiendra. On attend LA plateforme pour simplifier le multi-design. A+

    #54 par Senior

    21 Jan. 2014 à 17h25

  • attention commentaire très profond ! je suis indigné de ne pas trouver “Il ne faut jamais, mais alors jamais” après “Alors que faire …”  !!!

    #55 par meufeu

    30 Jan. 2014 à 09h55

  • Rien à voir avec la discussion mais si quelqu’un recherche une mission j’attire votre attention sur une offre d’emploi que j’ai croisé : http://eu.blizzard.com/fr-fr/company/careers/posting.html?id=13000G5

    Article très intéressant, merci à vous tous.

    #56 par Lhyn Sedrin

    8 Mai 2014 à 09h14

  • Vous croyez qu’au vu de mon expérience je peux prétendre à un poste à 34 k€ N? Je vous laisse un lien vers mon CV : https://remixcv.com/cv/Thibault-Gitrois/54511199a7296 Merci pour votre aide

    #57 par Thibault

    13 Nov. 2014 à 11h18

  • Merci pour ces précieux conseils, j’arrive un peu après la bataille mais le billet est toujours d’actu, puisque je suis actuellement en recherche d’emploi sur Paris pour un poste d’intégrateur web. J’étais déjà venu sur Paris passer quelques mois dans une agence dans le 11ème l’année dernière pour un CDD.. J’espère donc à nouveau trouver une bonne boite avec un salaire satisfaisant, car j’ai remarqué que d’une boite à une autre, les salaires peuvent être complétement différents !

    Et même au sein d’une même boite pour un même poste, lors de ma dernière expérience, tout le monde avait un salaire différent ! comme quoi le meilleur conseil est de bien se vendre, surtout pour un CDI, car une fois signé, il sera pratiquement impossible de “renégocier”..

    #58 par Maxence

    11 Mai 2015 à 09h52

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