Directeur artistique, c’est quoi ?

C’est un métier. Et n’en déplaise à certains, c’est un vrai métier, et même un métier vital à un projet web (et pas que web d’ailleurs), au même titre qu’un code HTML robuste ou une base de données bien construite. Alors ?

Ce que ça fait :

  • Concevoir, définir et réaliser le concept créatif d’un projet en répondant aux problématiques posées par ce dernier.
  • Contacter, briefer et diriger (aiguiller) les ressources nécessaires à la traduction de ce concept en images, en mots, en sons, en code, et s’assurer qu’elles le comprennent et le respectent au mieux.
  • Coordonner la cohérence de l’ensemble et être garant de l’unité créative du projet.

Ce que ça ne fait pas :

  • Le chef.
  • L’artiste.
  • Le buzz.

Si on résume, il faut lire :

  • « Direction » comme : axe, sens, intention, objectif.
  • « Artistique » comme : culturelle, contextuelle, émotionnelle.

« Si on ne comprend rien à ce terme, c’est qu’il faut le changer. »

Tu sais ce que c’est, un technicien en charge des examens non-destructifs ? Moi non plus, et pourtant personne ne changera la dénomination de ce métier pour nous, sois-en bien sûr. Faisons avec, connaissons et faisons connaître notre écosystème professionnel à ceux qui sont concernés (et devraient déjà le connaître, ne serait-ce que par curiosité).

« Directeur Artistique “Junior”, pfffr je pouffe. »

Eh bin tu devrais pas. Comme dans tout métier, il existe des juniors et des seniors en fonction de l’expérience qu’ils ont accumulée dans leur domaine de compétences. Un directeur artistique junior, c’est un directeur artistique qui a peu d’années d’expérience. Un senior, il en a davantage. Tu vois, c’est facile.

« Ça sert à rien ces caprices d’artiste, laisse-moi faire mes CSS. »

Si la direction artistique n’est pas de l’art, elle est encore moins une surcouche de peinture facultative déposée au hasard sur du HTML. Une bonne créa sert son projet autant qu’un code bien écrit, les « fioritures » graphiques (tant honnies par d’encore trop nombreux développeurs) ont bel et bien une fonction, et pas uniquement technique : renforcer un propos, situer un projet dans un contexte, clarifier un positionnement, interpeler une cible. Ce n’est PAS gratuit, ce n’est PAS pour se faire plaisir sur Photoshop : c’est pour servir son sujet, en utilisant d’autres outils que des mots ou des balises.

Alors oui, une bonne direction artistique ne s’évalue pas à coups de critères de conformité et de checklists Opquast, mais on peut facilement (avec le bagage nécessaire) décréter qu’elle répond (ou non) aux objectifs fixés dans le brief créatif. Un bon directeur artistique saura tirer le meilleur parti des intervenants qui travailleront sur son projet afin que le résultat final soit le plus proche possible de l’intention initiale. Un mauvais directeur artistique, il fera ça.

C’est bon ?

La semaine prochaine, on expliquera aux DA la différence entre un développeur front-end et un développeur back-end, ça vous dit ? 🙂

Posté le 31 janvier 2013

Arf, le champ est vide…

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Commentaires (21)

  • Sympathique présentation. Je ne connaissais pas les détails de ce métier. Le ton paraît vif et quelque peu tranchant mais néanmoins toujours précis et rythmé. Bonne journée.

    #1 par Rodolphe

    31 Jan. 2013 à 14h45

  • Je ne suis pas d’accord avec cette définition, nous sommes là pour faire les stars et brimer les intégrateurs en ne comprenant rien à aucun métier, notre but est seulement d’imposer nos choix de divas, forcément inutiles et irrationnels, pour faire chier les autres.

    Nous nous somme nous-même nommé “directeurs” car nous sommes en manque de reconnaissance et nous voulons faire croire à notre famille que nous dirigeons une équipe de 800 personnes.

    Bon en vrai tout est dit hein, quand je vois que certaines personnes qui travaillent pourtant dans le web n’ont toujours pas compris à quoi sert un DA, et pensent encore que c’est un poste inutile, franchement je m’inquiète.

    Je suis graphiste et webdesigner quand je fais de l’exécution, mais quand je choisis un illustrateur, une boite de prod, un réalisateur, un photographe ou un motion designer, que je les briefe et que je les oriente pour que le projet final colle le mieux au concept créatif tel que je l’ai imaginé et défendu auprès du client, je vois mal quel autre titre plus pertinent que DA conviendrait.

    Je ne dirige pas ce personnes, nous travaillons ENSEMBLE, et mon métier est d’être le fil conducteur créatif de tout le monde. De donner une direction. Artistique.

    #2 par Julien

    31 Jan. 2013 à 14h47

  • Moi j’aime pas HTeuMeuLeu

    #3 par kazes

    31 Jan. 2013 à 14h52

  • Un bien beau métier, indispensable à la survie de l’homme sur terre! Heureusement que ce genre de métier existe, et est rémunéré comme il se doit…!

    merde les auxiliaire de vie ou aide soignant sa c’est des métier de merde qui personne ne comprends !!

    #4 par Dominique Dupont

    31 Jan. 2013 à 15h00

  • Je suis complètement en accord avec ton billet et la commentaire de julien.

    C’est pourtant pas compliqué à comprendre, mais le terme à perdu son sens …

    Du coup je fait partie de ceux qui ne se présentent plus comme DA, mais comme un Designer Web (et pas webdesigner terme qui lui aussi ne veut plus rien dire …).

    Mon activité au quotidien ressemble beaucoup à celle de Julien, lorsque j’explique un concept à un client et qu’ensuite je contrôle la cohérence de son application auprès de mon développement, c’est pas pour faire chier le monde ou parceque mon petit coeur d’artiste maudit saigne, mais juste parceque c’est NÉCESSAIRE pour que le projet tienne la route au final.

    #5 par Olivier Beining

    31 Jan. 2013 à 15h15

  • Bon, ça discute pas mal sur Facebook, je sais pas trop comment gérer ça (grmlb), je fais un petit printscreen rapide ici en attendant :

    Grmlb

    #6 par STPo

    31 Jan. 2013 à 16h16

  • “La semaine prochaine, on expliquera aux DA la différence entre un développeur front-end et un développeur back-end, ça vous dit ? ” => et aux clients, et aux recruteurs et chasseurs de tête aussi, ça changera le monde (pour de vrai).

    Je rejoins assez l’idée des commentaires (et du screenshot facebook) que le terme a été utilisé à tord et à travers et a donc perdu une grosse partie de son sens. J’ai déjà vu des exécutifs mettent “DA” sur le CV pour être payé plus (c’est beau de rêver). J’ai également souri quand j’ai visité une grand agence de com’ et qu’on m’a montré un coin isolé avec un petit fauteuil voltaire rouge sang (véridique j’ai la photo) et des tableaux “boule à facette à paillette”et là c’est le coin du DA, il est un peu spécial”. Comme quoi, les clichés ont la vie dure, mais là, j’avoue qu’il l’entretien le cliché.

    La définition du boulot de DA de Julien et de Maud dans les commentaires me fait également un peu penser dans une certaine mesure pour tout ce qui est choix et orientation des clients à une grosse partie de gestion de projet.

    #7 par Stéphanie

    31 Jan. 2013 à 17h32

  • C’est important de rappeler ce qu’est un DA donc merci pour ça mais il y a quand même une erreur MONUMENTAL dans ton post, Don Draper n’est pas DA ! C’est à la base un concepteur rédacteur et un directeur de création. Il oriente comme le DA les créations mais pas au niveau visuel. Bon mais ça c’est juste parce que je suis fan de mad men.

    #8 par Cabaroc

    31 Jan. 2013 à 18h08

  • J’étais parti pour improviser ici un avis dont l’intelligence ne le disputerait qu’à la clarté histoire de me faire remarquer, mais je me rends compte qu’on peut déjà en lire les grandes lignes dans les réponses faites au tweet-détonateur de ce post. Du coup je retourne jouer au ping-pong, c’est bien foutu.

    #9 par yamo

    31 Jan. 2013 à 18h22

  • Excellent article ! J’aurais bien voulu que tu précises également la différence entre DA et DC, qui à mes yeux est un peu floue ou en tout cas risque de fâcher les DA.

    Du petit bout de ma lorgnette, le DC imagine le concept créatif et “stratégique” puis le DA le décline et garantit la qualité de l’exécution. Qu’en penses-tu ? Pour avoir travaillé avec des agences avec DC ou sans DC, j’ai vu des vraies différences mais il est difficile de généraliser tant cela tient aux personnes.

    #10 par Chob

    31 Jan. 2013 à 18h31

  • […] nous propose une petite mise à plat sur le terme de directeur artistique qui fait un peu polémique. Il faut y lire directeur dans le sens « donner la […]

  • Chob > Ta définition ne fâchera pas de DA, puisqu’elle est plutôt pertinente sur les rôles (après ça dépend ce que tu entends par “décliner”, c’est ici à prendre au sens large).

    Je rajouterai par contre qu’autant un DA n’implique pas forcément une notion de supériorité hiérarchique, autant un DC si, c’est clairement un peu le “chef des DA”, et le “directeur” est ici un vrai “directeur”.

    En tout cas pour ma part, j’ai jamais vu de DC sans DA bossant - avec plus ou moins de liberté - sur ses directives. Et ça avait été le cas pour le coup c’est moi qui aurait pouffé.

    #12 par yamo

    31 Jan. 2013 à 18h42

  • @Stéphanie : Moi les terminologies métier à un moment ça me fait doucement rigoler, d’ailleurs on a les mêmes problèmes partout : un jour les monteurs ont décidé qu’ils seraient des intégrateurs, puis ensuite des devs front, puis quoi après ? Je préfère parler de ce que je fais plutôt que de ce que je suis, c’est pour ça que j’ai tenu à définir « Direction Artistique » dans l’article… les noms de métier, ça évolue : tant pis, tant mieux, on en change quand ça a été trop usé par des imposteurs ?

    @Cabaroc : Enfin un débat de fond, merci ! 😀 Don Draper moi je le croyais plus DA que CR (c’est pas Peggy la CR ?)…

    @Chob : Pour le DC j’hésitais à rajouter la définition dans l’article ce matin mais je ne l’ai pas fait pour ne pas tout embrouiller. En gros Yamo et toi avez tout dit, c’est un poste hiérarchiquement supérieur : le DC « embauche » les DA et ces derniers doivent lui rendre des comptes ; il vérifie la pertinence de leur travail et définit des axes stratégiques.

    #13 par STPo

    31 Jan. 2013 à 19h08

  • Bon courage pour la semaine prochaine 🙂

    #14 par Yannick

    31 Jan. 2013 à 21h35

  • @stpo. Et le directeur artistique, il fait quoi ? 🙂

    Le débat de départ sur twitter était idiot, mais ce billet ne va pas convaincre beaucoup car il enfonce des portes ouvertes.

    “Une bonne créa sert son projet autant qu’un code bien écrit”

    c’est une évidence.

    “Un bon directeur artistique saura tirer le meilleur parti des intervenants qui travailleront sur son projet afin que le résultat final soit le plus proche possible de l’intention initiale.”

    une autre évidence. Mais on ne fait pas avancer le débat.

    Je pense qu’une description d’un profil de compétences et de tâches pour un directeur artistique serait beaucoup plus utile aux débats. Une bonne créa sert son projet bien entendu, mais la façon dont la créa est faite est ce qui est important. Un DA, par exemple, qui ne connait pas la matière brute est un mauvais DA. On ne lui demande pas de monter tout le design, mais bien de savoir ce qu’il est possible de faire en CSS, HTML, JS. De connaître les limites et les contraintes, afin de pouvoir faire des recommandations et des choix pour le projet. Il est également nécessaire de travailler étroitement avec les gens du UX. Et ne pas me dire que les mauvais DA n’existent pas, car au cours de ma carrière, j’ai rencontré beaucoup plus de mauvais DA Web que de bon. Les gens venant du print, de la vidéo, etc.

    Donc ce n’est pas sur DA qu’il faut concentrer le débat, mais sur les compétences et leurs articulations au sein du travail d’un projet Web.

    #15 par Karl

    31 Jan. 2013 à 22h44

  • @STPo Don est directeur de créa et CR de profession. Peggy est CR aussi. J’aime bien les débats de fond. Parce que de toute façon tout le monde a très bien compris qu’un DA, c’est juste un artiste qui met du gel.

    #16 par Cabaroc

    31 Jan. 2013 à 22h46

  • Arf, j’ai plus de gel depuis mes 15 ans quoi !

    Dans l’ensemble la terminologie de nos métiers est en constante évolution.

    Plus peut être que dans d’autres domaines, c’est assez logique, le web est jeune, il change vite. Des métiers apparaissent, d’autres se transforment …

    Mais au final je suis assez de l’avis de STPo, le mot exact on s’en fout un peu, à part flatter les égos, ça sert pas à grand chose.

    L’importance c’est ce qu’on fait et qu’on le fasse bien.

    Aujourd’hui je me présente comme Consultant & Designer Web, j’ai eu un peu de mal avec le mot “Consultant” qui mériterait sans doute un autre article, mais au moins c’est clair pour mes clients.

    #17 par Olivier Beining

    1er Fév. 2013 à 06h48

  • @Karl : Tu dis que j’enfonce des portes ouvertes et je ne peux qu’être d’accord, hélas comme en témoignent les récents échanges sur Twitter (qui ont motivé l’écriture de ce billet), ces portes ne sont pas ouvertes pour tout le monde (et pour certains elles sont même verrouillées, voire blindées).

    Par contre dire que les mauvais DA existent, c’est une autre évidence qui ne fait pas avancer grand chose non plus… 🙂 Comme partout, il y a des mauvais et moi aussi j’en ai rencontrés quelques uns, parfois issus du print en effet (il y a eu une période de transition difficile pour ce métier, mais je la crois derrière nous).

    Tu dis qu’une « description d’un profil de compétences et de tâches pour un directeur artistique serait beaucoup plus utile aux débats » mais c’est précisément ce que j’ai fait en début d’article ! (et ce qu’a fait Julien dans son commentaire) Et oui, un DA doit connaître les possibilités offertes par HTML, avoir des notions d’UX, etc. mais pour moi c’est une évidence de plus…

    On pourrait détailler tout ça par le menu, mais on peut aussi le résumer simplement : un DA web doit avoir une très forte culture web. Ça a l’air idiot mais c’est vraiment le fond du truc, et la technique ou l’UX ne sont qu’une des facettes (visibles) de cette culture : histoire, usages, langage, tendances, devices de consultation, etc., autant de points tout aussi importants (en plus évidemment de la culture tout court, autre point central du profil pour pouvoir sortir la tête du seau et proposer des solutions originales). C’est pour ça qu’on répète à longueur de forum que la maîtrise de Photoshop ne fait pas le créa, l’important c’est ce qu’il y a en amont…

    @Olivier : Cette terminologie reste nécessaire pour définir notre profil… Je n’y suis pas attaché plus que ça (et si elle évolue j’évoluerai avec) mais on ne peut pas faire sans.

    #18 par STPo

    1er Fév. 2013 à 09h51

  • Merci pour cet article, il répond simplement et facilement à la question qu’on me pose à peu près tous les mois “ça fait quoi un directeur artistique déjà ?”.

    #19 par Vi

    26 Mar. 2013 à 18h28

  • Bonjour, je découvre ton site et c’est une belle trouvaille. Pour ma part depuis 4 ans je travaille dans le web. Je me suis formé en autodidacte et je cache pas que je me sens un peu limité dès que ça devient technique donc j’agis en tant que directeur de projet / DA, pour mener à bien mes projets web, pour le compte de mes clients. Et dans cette aventure je m’en sors plutot bien. Il faut dire qu’à la base, ma formation ne concerne pas le web. Je suis architecte. J’ai été formé à répondre à la demande d’un client, souvent une demande poétique ou affective, dans le cadre de règles d’urbanisme, de règles de construction (DTU), de limites budgétaires etc… je te fais pas le descriptif total du métier d’architecte. Je me souviens qu’un prof en 1ère année nous avait expliqué que notre formation nous conduirait peut-être vers d’autres disciplines car ce qu’on nous apprend c’est à “mener un projet”, et j’ai constaté par moi-même qu’il y a effectivement de grosses similitudes entre mener un projet d’archi et mener un projet web.

    La seule difficulté c’est de vendre cette idée à un patron. Et pour l’instant je reste donc directeur de projet/DA web, en freelance. Et je me demande si cette idée que ma formation d’architecte joue en ma faveur pourrait un jour intéresser un patron. Qu’en penses-tu ?

    #20 par sebastien

    23 Sep. 2013 à 13h06

  • @sebastien : Merci pour ton commentaire. Je pense que toute “coloration” de profil est intéressante, la tienne (architecte de formation) comme une autre. Moi par exemple j’ai un passif technique important (développement, intégration) et je vends clairement ça comme un atout dans mon travail créatif (anticipation des contraintes, etc.).

    #21 par STPo

    24 Sep. 2013 à 11h38

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